Ces orages-là / Sandrine Collette

Ces orages-là / Sandrine Collette

couverture du roman Ces orages-là de Sandrine Collette

Clémence a trente ans lorsque, mue par l’énergie du désespoir, elle parvient à s’extraire d’une relation toxique. Trois ans pendant lesquels elle a couru après l’amour vrai, trois ans pendant lesquels elle n’a cessé de s’éteindre. Aujourd’hui, elle vit recluse, sans amis, sans famille, sans travail, dans une petite maison fissurée dont le jardin s’apparente à une jungle. Comment faire pour ne pas tomber et résister minute après minute à la tentation de faire marche arrière ?

Avis : Dernier né de d’imagination fertile et sombre de Sandrine Collette, une de mes autrices favorites, Ces orages-là est un hymne à la vie dans ce qu’elle a de tortueux. Tout en étant toujours un décryptage des âmes de ses personnages, et par là-même de l’Humanité.

On y lit Clémence. Dans son obsession. Sa peur obscure et indicible de Thomas, son ex compagnon. Elle a fui. Mais la peur, la honte, le doute et la perte de l’estime de soi, sont restés. Malgré cette maison moche, mais avec une petite « forêt » qui lui offre un refuge. Malgré Manon, la seule amie. Et même s’il y aura bientôt un peu plus. De monde. De vie. De joie presque. Ce seront peut-être les clients de la boulangerie avec leurs petits saluts. Les collègues : Flo surtout, Remi, Samira ou Cathie… et aussi Gabriel, le voisin. Sans oublier 4 poissons… et demi.

Mais ce qu’écrit Sandrine Collette, c’est l’angoisse et la survie. C’est la violence de cet homme sur cette femme, violence malsaine et psychologique. C’est la perte des repères. La diminution de la force de vie de Clémence face à ce monstre. Une véritable plongée dans la psyché de celles (et ceux) qui sont devenus esclaves d’autres. Qui sont niés. Qui sont bannis de leurs propres vies. De leurs choix. De leurs familles. De leurs amis et envies.

Comme elle le fait dans Des nœuds d’acier, ou Un vent de Cendres avec Ces orages-là, elle nous montre la violence que des humains exercent sur d’autres sans morale aucune, juste parce qu’ils le peuvent. Il n’y a aucune force extérieure (Animal), aucun cataclysme (Juste après la vague) qui rendraient leur survie précaire et les obligeraient à avoir le dessus sur d’autres êtres humains…

Comme dans tous ses livres (il y a juste Et toujours les forêts que je n’ai pas lu), Sandrine Collette décortique la psychologie des monstres. Que ce soit par le truchement du personnage principal, ou par la façon qu’ont la société (Les larmes noires sur la terre) ou la cellule familiale (Il reste la poussière) de dysfonctionner. Avec Ces orages-là, elle écrit toujours divinement bien sur l’indicible violence, ici psychologique sur une femme. Par un homme. C’est un drame. Et pourtant…

Il y a du ressort. Il y a de l’après. Il y a la morale. De l’éthique. Mais qui vire. Un peu ? Beaucoup ? Je vous laisserai le découvrir. Ainsi que le bonheur du style de cette autrice. Précis. Diablement efficace. Et toujours au plus proche des émotions, des sentiments de tous les paumés, les sensibles.

Ces orages-là m’ont foudroyée. Bravo et merci Sandrine Collette.

Roman publié aux éditions JC Lattès

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