
L’évangile selon Francy, tome 1.
À trente-cinq ans, mère de deux enfants et accro au travail, Francy a parfois du mal à combiner vie privée et vie professionnelle. Comme beaucoup de femmes. À cette différence que Francy est la reine de la mafia de Stockholm. Ses deux Commandements : tenir d’une main de fer l’empire illégal familial tout en offrant une vie normale à sa progéniture. Pour l’aider dans cette tâche, elle peut compter sur ses disciples : la Petite Marie, son bras droit, une prostituée toxico repentie en mal de maternité ; Jim et Louise, les jumeaux nettoyeurs ; Johansson, un flic ripou ; Kim, transsexuel spécialisé dans les armes de guerre ; Lisa, passionnée de bombes et d’autres substances explosives ainsi que trois jeunes gardes du corps bodybuildés. Mais quand un ennemi anonyme ose s’attaquer à ses positions et s’en prendre aux siens, Francy doit à tout prix découvrir le Judas qui l’a trahie dans son propre camp. Le début d’une guerre sans merci, qui lui réserve de terribles surprises…
Avis : Francy est la mère d’un petit garçon de 9 ans, Adrian. Et elle est enceinte d’une petite fille qu’elle va prénommée Belle. Son mari, Pär, est comptable. La nounou Natacha est une crème. Tout ceci pourrait être « un livre d’été » sur les difficultés d’être parents /mariés et les turbulences d’une famille lambda. Mais Francy a hérité de son père, Josef, de la mafia de Stockholm : casino, extortion de fond/ heu on dit protection dans le jargon, prostitution, drogue…
Donc pas trop la famille lambda… enfin si mais côté problème de famille : jalousie, incompréhension, diminution de la libido… Sa mère Grace a toujours tenté de rester une fervente catholique et d’inculquer ses valeurs à ses filles puis à ses petits enfants… ce qui fait que Francy oscille entre son père et les devoirs de mafieux et la rigueur morale de sa mère…
Les acolytes de Francy semblent, eux, sortir d’un film de Tarantino ou du livre sans nom(lien). Des caricatures de premiers abords donc : Petite Marie l’ancienne prostituée aux seins refaits, les jumeaux inséparables, le flic qui joue au casino et qu’on tient par les couilles par l’argent, les gardes du corps bodybuildés, le trans en boa rose qui livre les armes, la médecin française de 80 balais qui fume comme un pompier et recouds comme un chirurgien hors pair… ceci pourrait prêter au rire dans d’autres romans mais ici c’est cash/trash/paf/sang !
Il y a du rififi sanglant dans le réseau mafieux et probablement une taupe dans le cercle rapproche de mafia Queen! Et ça se aussi complique salement dans la vie privée de Francy. Et ce n’est vraiment pas pour rire !
Comment décrire ce que c’est de lire ce roman si détonnant ? Car ne vous laissez pas avoir par la couverture simpliste et assez soft, ni par la 4eme de couverture qui décrit un roman plutôt d’été avec un peu de violence comme on parle quand même de mafia… Alors qu’en fait, L’évangile selon Francy est d’une violence et d’une tristesse peu commune. En effet, la clique et les parcours diverses des acolyte de Francy ne laisseront aucune pathologie psychologique de côté. Dépression, abus sexuel et psychologique, violence gratuite et torture au croc de boucher, difficulté de s’adapter, sentiment d’abandon, maltraitance, viols et tueries… rien ne nous est épargné ! L’intrigue pour trouver la taupe et finalement le retournement de situation est aussi très intéressante. Cela amène encore plus de violence mais aussi une certaine catharsis.
Ce fut une découverte pour moi et un petit uppercut car si je m’attendais à un peu de violence je ne m’attendais pas à autant de détails sordides ni que ça touche autant aux enfants. C’est finalement surtout la tristesse suintante de toutes ces humanités bancales qui m’a le plus touché. Même si l’essai de l’autrice est de montrer que les amitiés et les rencontres peuvent grandement aider, j’y ai surtout vu l’horreur de ces « choix »de vie…
Ce roman est écrit par Johanna Nilsson sous pseudonyme de Amanda Lind. Cela me donne envie de voir ce qu’elle a écrit d’autre, certainement dans un thème différent. Si vous avez des propositions n’hésitez pas !
Roman publié aux éditions Pocket – Traduction du suédois par Carine Bruy.











