Animal / Sandrine Collette

Animal / Sandrine Collette

Couverture de Animal de Sandrine Collette

Dans l’obscurité dense de la forêt népalaise, Mara découvre deux très jeunes enfants ligotés à un arbre. Elle sait qu’elle ne devrait pas s’en mêler. Pourtant, elle les délivre, et fuit avec eux vers la grande ville où ils pourront se cacher.
Vingt ans plus tard, dans une autre forêt, au milieu des volcans du Kamtchatka, débarque un groupe de chasseurs. Parmi eux, Lior, une Française. Comment cette jeune femme peut-elle être aussi exaltée par la chasse, voilà un mystère que son mari, qui l’adore, n’a jamais résolu. Quand elle chasse, le regard de Lior tourne à l’étrange, son pas devient souple. Elle semble partie prenante de la nature, douée d’un flair affûté, dangereuse. Elle a quelque chose d’animal.
Cette fois, guidés par un vieil homme à la parole rare, Lior et les autres sont lancés sur les traces d’un ours. Un ours qui les a repérés, bien sûr. Et qui va entraîner Lior bien au-delà de ses limites, la forçant à affronter enfin la vérité sur elle-même.

Avis : Je suis devenue fan de Sandrine Collette, il y a deux ans aux QDP 2017 et depuis j’ai tout lu de cette autrice. J’avais pourtant résisté à acheter son dernier livre, Animal, aux Quais de année car je le sentais un peu moins bien et aussi parce que j’avais déjà beaucoup acheté… Malgré tout, lorsque la bibliothèque de ma ville l’a acheté, j’ai sauté dessus. Voilà pour le contexte.

Pour la lecture en elle-même, il faut bien dire qu’en tant que fan de cette autrice noire et glaçante, je m’attend toujours à être prise aux tripes. Des nœuds d’acier a été un uppercut, mais pas moins qu’Un vent de cendres ou Les larmes noires sur la terre. Sans oublier Six fourmis blanches ou Juste après la vague qui sont des pages turner fantastiques. Il reste la poussière m’avait déjà un peu moins plu.

Avec Animal, le début est plus que prometteur avec son prologue où des enfants servent d’appâts aux tigres dans le Népal. Et où cette femme, Mara, en sauve deux alors qu’elle sait que cela la condamne à fuir et à s’occuper d’eux quand elle peine déjà à survivre seule. Nin et Nun sont ces deux enfants qui vont devenir le problème de Mara quand ils déménagent de la forêt pour aller dans le bidonville. Ils ne vont pas à l’école, mais vivent de rapine et de petits boulots. Et lorsque Mara se fait arnaquer par ses patrons qui lui donnent toujours moins que ce qui est prévu pour sa couture, elle va devoir agir pour les sauver et ce sera un déchirement viscéral dont les répercutions à venir sont glaçantes. Ce prologue est puissant et entraîne un livre I émouvant et plein de suspense. Sandrine Collette a, pour moi, malheureusement manqué de souffle et de noirceur dans le livre II.

Il faut dire que la 1ère partie se dévore avec ce face à face entre Lior et l’ours qu’elle est venue chasser à Katmandou, avec son mari Hadrien et leurs amis, Annabelle et Gauvain. L’ours est vraiment un personnage essentiel et mythique de ce passage d’Animal. Il est puissant et malin, et il est celui par lequel le miracle arrive. Cette partie est haletante, pas seulement car on est sur la piste d’un animal rusé et que la tension monte quand un homme est attaqué mais également car Sandrine Collette, dans son style inimitable, mêle passé et présent, et qu’elle révèle un pas de danse amour/haine. Elle parle toujours du dépassement de soi et des capacités hors normes des humains mais aussi de l’instinct qui tient souvent une grande place dans ses romans.

Il y a de l’instinct en lui, massif, puissant, celui de la survie et celui du territoire, il y a la colère et du réflexe, la confiance d’une bête qui ne connait aucun prédateur hormis l’homme.

L’on en vient à la deuxième partie. Celle qui m’a laissée un peu sur ma faim. Pourtant tout commençait bien ; on avait eu un miracle, le passé allait peut-être donner un avenir moins obscurci et la réunion de deux enfants pourraient avoir lieu. Puis bien sûr, tout virait vers la noirceur comme sait si bien le faire Sandrine Collette. Elle vous dérobe l’espoir, enfin surtout celui de ses personnages. Ah, l’espoir de s’en sortir enfin… Dans le livre II, ce n’est plus un face à face entre un animal et un humain qui se joue, quoi que… Il s’agit d’Hadrien et de Nun. Et la noirceur qui s’était momentanément réduite, revient au galop mais sans surprise pour moi. Je m’attendais aux deux revirements et du coup, je n’ai pas ressenti leur choc aussi intensément que dans d’autres livres.

Alors bien sûr l’écriture est grisante comme d’habitude, la fin est somme toute réussie, avec la souffrance d’un homme dont la raison de vivre a disparu, mais je n’ai pas eu l’engouement, la prise aux tripes habituelle ou en tout cas, pas autant que d’habitude. C’est dur de maintenir un niveau aussi haut, Mme Collette, ou mieux, il faut que j’apprenne à ne pas mettre la barre trop haut.

Ce titre est la dernière ruse de Sandrine Collette car l’animal n’est pas toujours celui que l’on croit et l’être humain sait, Ô combien, se montrer bestial. Surtout dans ces livres-là. Et le brio de cette autrice, même un peu diminué, fait que je continuerais de la lire. Toujours et à jamais ?

Roman publié aux éditions Denoël

2 comments

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    J’ai eu la chance de la rencontrer il y a peu dans ma librairie lors d’une rencontre dédicace et c’était vraiment sympa !! je n’ai lu que Il reste la poussière mais j’ai acheté Les larmes noires de la terre, six fourmis blanches et Juste après la vague. Le dernier ne me tentait pas trop, déjà à cause du grand format et parce que je ne suis pas fan de la chasse…
    Mais j’ai hâte de lire les trois que j’ai achetés ! 🙂

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