Quais du polar 2019

Quais du polar 2019

Cette année, les Quais du polar fêtaient leur 15e édition, et c’est avec un grand plaisir que Lisou et moi avons répondu à nouveau présentes pour cet anniversaire. Les pays nordiques étaient à l’honneur avec 24 auteurs venus de Suède, Norvège, Danemark, Finlande, Islande.

Les rencontres

Chaque année, cela devient de plus en plus difficile de circuler dans les allées du Palais du Commerce, tant le festival rencontre un succès croissant. Et les 140 auteurs et illustrateurs invités de cette édition ne pouvaient qu’attiser encore cette foule. Voici ceux que nous avons rencontrés :

Lisou :

Il y avait 11 auteurs connus et appréciés : Michel Bussi, Sophie Chabanel, Sandrine Collette, Michael Connelly, Sophie Hénaff, Shari Lapena, Bernard Minier, Olivier Norek, Jean Christophe Ruffin, Jacky Schwartmann et Yrsa Sugurdardottir. Je souhaitais découvrir (entre autres) : Oyinkan Braithwaite, Maxime Chattam, Sonja Delzongle, Elizabeth George, Marin Ledun, Patricia Tourancheau, et Danièle Thiery. Mais il y avait surtout pleins de libraires ravis de partager leurs passions…. et aux petits soins avec de potentiels acheteurs !!!!

Pour le QDP s2019, j’ai fait dédicacer Le suspendu de Conakry par un de mes auteurs préférés, Jean Christophe Ruffin. Cet homme est super simple alors que c’est un érudit, et un grand homme qui a eu plusieurs vies. Il nous a régalé de cette anecdote : il s’est battu pour que le suspendu de Conakry soit édité (par une autre maison d’édition que la sienne d’ailleurs) car tous les éditeurs demandent à leurs auteurs de ré-écrire sans cesse le même livre et non pas un polar pour lui qui écrit d’habitude des récits romancés historiques. Il va d’ailleurs sortir un autre polar dans l’année qui vient. YES !!!!

J’ai acheté le dernier Bernard Minier, M le bord de l’abîme. Et j’en ai profité pour avoir une dédicace de l’auteur. Cet homme là est bien sympa malgré la longueur de la file d’attente et les conférences auxquelles il a participé.

J’ai également acheté le dernier Olivier Norek, et c’est une vraie gourmandise, Surface est un livre exceptionnel. Et son auteur, s’il est (très) petit par la taille, est grand pour ses réparties et la chaleur de son sourire même après le marathon que sont les Quais du polar.

J’ai rencontré Yrsa Sigurdardottir qui, avec Je sais qui tu es , m’avait fait découvrir les polar nordique, avec un peu de frissons venant du froid mais surtout venant de choses inexpliquées 😉 Autrice très sympathique et dont je m’apprête à lire ADN

J’ai résisté pour le dernier Sophie Hénaff, Arts et Décès que je prendrais en poche car j’ai déjà ses deux premiers dans ce format, mais elle m’a gentiment dédicacé Rester groupés. J’adore cette autrice.

J’ai résisté également pour le dernier Sandrine Collette, Animal qui me dit vraiment bien mais que j’espère pouvoir trouver à la bibliothèque rapidement…

J’ai résisté encore, mais je le regrette beaucoup pour Ma soeur serial killeuse dont nous avons vu l’autrice, Oyinkan Braithwaite, lors d’une conférence. Je me mettrais aussi bien à lire Marc Fernandez car ses livres paraissent prenants.

Je lirai bien Jean Patrick Manchette, car il a été évoqué par plusieurs auteurs comme un grand du polar d’avant. Et jai envie d’essayer Pierre Poucheret qui m’a été conseillé dans la file de Sophie Hénaff par une passionnée de polar. Merci.

J’ai craqué pour plein d’autres que je connaissais comme Jacky Schwartzmann mais je n’ai pas eu le temps de faire faire de dédicaces.

Zina :

Vincent Hauuy, dont j’avais vu plusieurs fois passer le premier roman, Le tricycle rouge et que j’étais curieuse de lire. Je l’avoue il s’agissait-là d’une rencontre d’opportunité, puisqu’il n’y avait qu’une personne dans la queue 😉

Une des choses que je préfère dans les dédicaces, ce sont celles des BD. Je ne connaissais pas Le Gecko, mais je me suis dit que la présence de Tristan Josse, l’illustrateur, était une très bonne occasion pour remédier à cela et j’ai pu ainsi repartir avec un magnifique dessin !

Mais celle que je voulais absolument voir pendant ces 2 jours, c’est Elizabeth George, une de mes autrices de roman policier préféré dont le dernier, La punition qu’elle mérite, venait justement de sortir. Mais ce n’est pas celui-ci que je lui ai fait signer, mais son ton premier, Une enquête dans le brouillard, qui a lancé sa célèbre série britannique.

Enfin j’ai eu le grand plaisir d’être conviée à un atelier culinaire avec Emelie Schepp. Ce fut un moment très agréable et convivial, et goûteux 😉 Mais surtout l’occasion de découvrir une autrice vraiment gentille et attentive. J’ai hâte de la lire !

A mon grand regret je n’ai malheureusement pas eu le temps d’aller à la rencontre d’autres auteurs. La longueur de la queue parfois, a été dissuasive, d’autres ce fut le timing qui entrait en conflit avec les conférences auxquelles nous souhaitions assister avec Lisou. Car les conférences, c’est vraiment ce que nous préfèrons aux Quais du polar ! Les sujets y sont riches et variés, toujours passionnants, et c’est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux auteurs comme d’apprendre à mieux appréhender l’univers de ceux déjà appréciés.

Retrouvez toutes nos dédicaces sur l’album Quais du polar 2019 !

Les conférences

Génération noire, une heure avec Bernard Minier et Olivier Norek animé par Pascale Frey.
Si j’avais déjà pu apprécier l’écriture de Bernard Minier dans Une putain d’histoire, je ne connaissais pas encore Olivier Norek, que Lisou adore. Et je dois dire qu’il est désormais sur le haut de ma pile des auteurs à découvrir absolument ! Cet ancien flic qui ne se voyait absolument pas devenir écrivain est très drôle, vraiment intéressant, avec des choses à raconter.
Que ce soit Norek ou Minier, les 2 s’identifient à la tradition du roman noir, qui intègre les sujets d’actualités, politiques et sociétaux. Pour Bernard Minier, le polar est une littérature de crise, et c’est pour ça qu’il rencontre aujourd’hui un succès croissant en France, même s’il n’atteint pas la reconnaissance qu’il a dans d’autres pays européens comme l’Espagne où ils n’hésitent pas à primer des romans issus de ce genre.
Si le sujet est important, ils n’en oublient pas pour autant le plaisir d’écrire une bonne histoire. Alors que Norek se compare à un chat et voit le lecteur comme une souris qu’il doit attraper, Minier aime lui, se lancer des défis, aborder de nouveaux thèmes. Quand l’un prépare son criminal board, l’autre emmagasine les sources.
Ce fut vraiment un échange dynamique et vivant, très amusant, avec 2 auteurs qui se renvoient la balle.

God Save the Queen, une heure avec Elizabeth George animé par Pascale Frey.
Je l’ai déjà dit, j’adore Elizabeth George et c’était donc particulièrement intéressant d’en apprendre plus sur son univers et ses personnages fétiches, Lynley et Havers.
C’était étonnant de découvrir qu’Une enquête dans le brouillard était sa 3e tentative de polar britannique ou que St James était au départ le personnage principal, le limier, et qu’Havers (un de mes personnages préféré de la littérature !) n’existait même pas !
Pourtant aujourd’hui elle les connaît mieux que si c’était de vraies personnes, afin de pouvoir toujours savoir comment ils vont réagir, et ressent même de l’affection pour eux. Elle sait comment leurs histoires vont se terminer, mais n’a rien voulu nous dévoiler !
Si elle a choisi de baser ses romans en Angleterre plutôt qu’aux États-Unis où elle vit c’est parce que ces derniers ne l’inspirent pas. En revanche, le Royaume-Uni a une histoire très riche, et elle a toujours été très intéressée par la façon dont fonctionne leur société et leur système de classe. Le lieu est très important pour elle, il lui arrive de le choisir avant même de commencer à imaginer l’intrigue, il sert de déclencheur. Ensuite, c’est le crime qui vient en premier, et qui sert ensuite de cerneau autour de laquelle elle construit l’histoire.
Le prochain Lynley et Havers sera situé à Londres et mettra en avant une situation socioculturelle qui s’applique aux femmes. Avant cela, sa prochaine sortie sera sur le processus d’écriture.

La littérature comme arme de défense des droits de l’enfant avec Maxime Chattam et Olivier Norek, animé par Thierry Sudojeau, secrétaire général pour UNICEF france.
Cette conférence m’a permis de mieux connaitre Olivier Norek (toujours plein de réparties) et de découvrir Maxime Chattam qui, semble-t-il, écrit des policiers avec un peu de fantastique. Ils se sont bien chambrés et ce malgré une entrée en matière mouvementée, puisque le présentateur n’avait pas bien fait ces fiches 😉. C’était passionnant de voir la manière dont des écrivains connus donnent de leur temps pour une cause, ici les enfants, leur éducation, leur survie et leur santé. Ils se sont également bien moqués de nous lecteurs. Car sous couvert de lire un livre policier et de passer du bon temps, ils nous emmènent vers la réflexion. Et sous couvert d’écrire des « histoires » pas réelles, ils nous font acheter leurs livres pour nous évader alors qu’en fait on leur sert de psychanalyse 😉.
C’était intéressant de savoir tout ce que fait l’UNICEF (action d’urgence, de sensibilisation, de collecte de fonds, de défense des droits de l’enfant dans le monde et en France) et également de voir comment leur action est limitée sur un territoire comme la France car c’est le gouvernement qui doit demander de l’aide et la France ne l’a pas fait…
Les deux auteurs sont d’accord pour dire que la lecture et la culture doivent être fournies aux enfants, et pour faire court et d’après Saint Exupery « si je diffère de toi, je t’enrichis ».
Olivier Norek admet voir les choses en noir (des millions de migrants climatiques vont envahir nos terres, il n’a pas confiance dans l’humain et il prédit l’effondrement de notre société si on ne va pas vers l’écologie.) Mais heureusement, Maxime Chattam sauve la conférence en opérant une « transition difficile » à ce que venait de dire Norek. Il voit de l’espoir dans l’évolution des dessins des enfants qui deviennent colorés, lumineux là où il n’y avait que noir, rouge et violences avant, après avoir été pris en charge par l’UNICEF. Et il sait que faire lire sera une avancée.

Trou noir sur les albums de famille : trahison, tabou, secret avec Elizabeth George, Anna Grue, Marie Neuser et animé par Delphine Peras.
La présentatrice s’est fait reprendre par une dame dans l’assistance au moment des questions subsidiaires à la fin car elle n’avait pas « du tout abordé le thème ». Pour Zina et moi, le thème était respecté, même si nous aurions voulu qu’elle lie plus les autrices entre elles… au lieu de parler de leur livres respectifs et uniquement de ça…
Malgré tout, j’ai découvert deux autrices qui m’ont donné envie de lire leurs livres. Marie Neuser car elle est assez rigolote et écrit des romans noirs plus que des polars et avec un thème fort sur le narcissisme de notre époque. Et Anna Grue car elle semble écrire avec un réalisme appréciable.
Elles ont toutes en communs de vouloir des femmes ancrées dans la réalité, avec les réseaux sociaux, des congés de maternité, protéger ses enfants… mais si Elizabeth Georges est à l’aise avec le fait d’écrire des suites, Marie Neuser, elle ne s’en sent pas l’envie…

Femmes debout, prêtes à tout avec Rachel Abbott, Oyinkan Braithwaite, Val McDermid, Kristina Ohlsson et animé par Gladys Marivat.
J’ai adoré cette présentatrice. Elle était fine, féministe, marrante et a réussi à faire parler entre elles, les autrices. Bref, un grand moment.
« Je ne crois pas avoir jamais vu une rencontre avec 4 hommes pour discuter du fait qu’ils écrivent sur des hommes » est un excellent lancement pour une conférence sur les femmes, non ?
Les quatre autrices ont des personnages forts, qui transgressent parfois l’idée que l’on a des femmes (serial killeuse, être dans deux mondes : maternité et enquêtes violentes, ). Elles se renseignent énormément sur les sujets qu’elles vont aborder (les avions, faire disparaitre des indices, expertises manipulées, migrants syriens ou vraiment tous sujets dont elles auraient envies de parler…). Elles ont des experts (policiers, médecins…) pour les aider à être le plus réelles possible. Les décors sont choisis avec précision et sont très importants pour les autrices (mer, climat chaud…).
On apprend aussi que les personnages disent à leurs écrivains ce qu’ils peuvent faire d’eux ou ce qu’ils feraient dans telles situations. Comme s’ils étaient vraiment vrais 😉. C’est ce que disaient Norek et Minier aussi.
Ces 4 autrices sont passionnées et donnent à voir 4 styles, 4 façons d’être des femmes et d’écrire avec des personnages principaux féminins. Elles ont une vision où les femmes ne sont pas des victimes et que parfois, elles font des choses mauvaises pour des bonnes raisons. Il y a aussi cette envie de faire quelque chose qui nous tient en haleine et qui est nouveau, frais.
Pour Oyinkan Braithwaite, que j’ai particulièrement apprécié, il y a une touche d’humour noir. « Another monday, another dead guy ».
Et si un jour j’ai le temps, je me lancerai dans la lecture de Val Mcdermid car elle a 4 personnages, a écrit plus de 30 livres et a reçu plusieurs prix… Cette femme est impressionnante dans son féminisme et son humour et j’ai envie de la lire mais dans de bonnes conditions.

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Les pipelettes en parlent

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