Audience captive / Ann Warren Griffith

Audience captive / Ann Warren Griffith

couverture de la nouvelle Audience captive de Ann Warren Griffith

En 1953, Ann Warren Griffith imagine le ciblage publicitaire comportemental.

Avis : Un nouvel excellent opus de la collection Dyschroniques ! Audience captive est une satire sociale piquante qui prend toute sa place dans le monde d’aujourd’hui.

Dans la famille Bascom, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si Grand-Mère n’avait pas annoncé sa venue imminente. Imaginez ! cette terroriste qui sort tout juste de prison, dans la maison du vice-président adjoint chargé des ventes de la Ventriloquie Universelle ?! Impossible, ce serait le déshonneur et le renvoi assuré ! Elle a tout de même osé braver la loi sur la liberté de la publicité en portant des bouchons d’oreille afin de se protéger des jingles et des ordres et commentaires incessants des céréales, shampoings, encaustiques, paquets de nourriture…

La première chose qui m’a frappé dans cette nouvelle, c’est la place de la femme : dans sa cuisine ! Elle n’a pas le droit de dire ce qu’elle pense, et doit s’occuper des corvées. Elle reste à la maison pour cuisiner de bonnes tartes et lustrer la maison (et elle avec) – toujours diligemment guidée par ses produits ménagers – pendant que l’homme va gagner la croûte du ménage. L’héroïne d’Ann Warren Griffith, c’est le cliché de la femme au foyer des années 50. Vous me direz, normal pour un livre qui a été écrit en plein dans cette époque !

Mais Audience captive, c’est avant tout un avertissement, une anticipation prédictive de la place de la publicité dans nos vies. On est bien au-delà du placement de marque. Acheter et consommer est non seulement la norme, mais un devoir. Le récit de cette famille totalement acquise à la VU fait mouche, le style est mordant sans avoir l’air. Moi qui aime être tranquille le matin, qu’il ne faut pas trop m’embêter tant que je n’ai pas bu mon café, et qui n’aime pas le bruit de manière générale, cette idée que tes objets du quotidien te déversent de la pub à longueur de journée est terrifiante ! Ils appellent ça le « progrès », moi je dirais plutôt « cauchemar en boite » !

50 pages d’efficacité brute !
Dans le genre je vous recommande aussi Days de James Lovegrove.

Nouvelle publié aux éditions Le passager clandestin (Dyschroniques) – Traduction anonyme

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