Continent perdu / Norman Spinrad

Continent perdu / Norman Spinrad

couverture de la nouvelle Continent perdu de Norman Spinrad

États-Unis, XXIIe siècle. 200 ans après « la grande panique », l’Amérique n’est plus que l’ombre d’elle-même. La nation qui avait mené l’homme sur la lune est aujourd’hui un pays « sous-développé » livré à l’industrie touristique. Les immenses mégalopoles, qui symbolisaient autrefois la grandeur et la puissance du pays, ne sont plus que ruines livrées à une pollution mortelle. Mike Ryan, guide et pilote autochtone, s’apprête à mener son groupe de touristes – des représentants de l’élite africaine – dans ce qu’il reste de New York.

Avis : Il y a beaucoup de romans qui imaginent une Amérique tombée de son piédestal, en perte de repères et en proie au chaos, comme le récent Demain et le jour d’après. Norman Spinrad lui, imagine avec Continent perdu une Amérique qui a carrément touché le fond. De grande puissance, elle est devenue un pays arriéré, moqué même.

Victime de la démesure que l’on connaît, de son ambition folle et de son manque de réserve technologique, les États-Unis d’Amérique ont fini par épuiser totalement leur crédit écologique. L’atmosphère y est devenue irrespirable, le pays n’est plus que ruine, et l’espérance de vie y est de 50 ans pour ceux qui continuent à y vivre.

Reconvertie en destination de tourisme catastrophe, New York est devenue la ville où les autres pays viennent se gorger de la déchéance de ce pays qui paie chèrement son arrogance. Nous y suivons un groupe de touristes Africains, menés par un autochtone qui n’a pas peur de les emmener dans les pires endroits : les antiques couloirs du métro où « vivent » encore la dernière génération de New Yorkais pur souche. Continent perdu inverse le paradigme racial qui a si longtemps porté l’Amérique, et qui est profondément ancré dans son histoire. Les Noirs sont ainsi devenus les forts, les puissants, ceux qui ont le pouvoir. Mais le racisme, lui, est toujours prégnant.

On pourra regretter un léger manque de rythme dans cette histoire qui nous est malgré tout contée avec une conviction qui emporte par un Norman Spinrad doté d’une vision, certes, désenchantée, mais acérée.

There but for fortune may go you and I. *

Nouvelle publiée aux éditions Le passager clandestin (Dyschroniques) – Traduit par Nathalie Dudon
* « À moins d’un hasard, c’est là que nous allons vous et moi. »

L’avis de Lorkhan

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