Petits secrets, grands mensonges / Liane Moriarty

Petits secrets, grands mensonges / Liane Moriarty

couverture du roman Petits Secrets, grands mensonges de Liane Moriarty

Meurtre ou tragique accident ? À la fête de l’école, quelqu’un a trouvé la mort. Mais qui est vraiment responsable du drame ? Trois femmes à la croisée des chemins, des ex-maris et leurs nouvelles épouses, des familles recomposées (ou décomposées), qui cachent tous ces redoutables petits mensonges que l’on se raconte à soi-même pour continuer de vivre…

Avis : Petits secrets, grands mensonges met au jour les dessous d’une petite communauté plutôt riche de la côte Australienne, vers Sydney. La mummy war commence lorsqu’un petit garçon, Ziggy, (nouvellement arrivé) est accusé par une petite fille de sa classe, Amabella, d’étranglement. Mais comme rien n’est vraiment ce que l’on croit, cela va aller beaucoup plus loin que de ne pas être invité à l’anniversaire de celle-ci. Un meurtre va avoir lieu.

Pas besoin que j’en dise plus. Toute la beauté de ce livre tient dans les effets d’annonce et les flash-backs. Jusqu’à la moitié de Petits secrets, grands mensonges, on ne sait toujours pas qui est mort et encore moins s’il s’agit d’un enfant ou d’un adulte. Liane Moriarty a un style et un rythme bien à elle. Déjà dans Le secret du mari, elle m’avait bluffée.

Elle traite de sujets délicats et certainement pas drôles. Et pourtant, j’ai beaucoup souri. Elle nous montre tous les angles de vue. Les qu’en dira-t-on, les rumeurs qui s’amplifient, les remarques anodines qui sont de fiel. Et pourquoi des situations s’enveniment ou se détendent grâce à la parole.

J’ai également été un peu tendue par le suspense. Elle mène l’enquête d’une façon super originale. En effet, elle nous montre les relevés des dépositions des parents d’élèves présents lors du meurtre. Et donc, nous embrouille avec des sensations, des commentaires hors de propos, car ces dépositions sont directement impactées par le groupe auquel appartiennent ses personnes. Team Madeline ou Team Renata. Mais au début, on ne sait pas qui est avec ou contre qui…

Et j’ai aussi été attristée par des situations bouleversantes. Les différences de classe, la guerre entre mères (au foyer ou travaillant, avec des surdoués, avec des petits durs…), les violences faites aux femmes, l’adolescence dans une famille recomposée. Les apparences sont souvent trompeuses chez Liane Moriarty. Qui ne rêverait pas de savoir ce qu’il se passe chez son voisin, sa meilleure amie, ou cette extrêmement belle femme riche dont tout le monde est jaloux.

Enfin, les personnages sont incroyablement bien brossés et supers attachants. Madeline est une tornade, qui est remariée à Ed mais souffre d’avoir été trahie une première fois, surtout maintenant que Nathan, son ex, est père d’élève dans la même école que ses enfants. Céleste est la femme belle et riche que l’on aimerait détester, avec son mari parfait, Perry. Jane est une jeune mère de pas encore 30 ans dans un océan de quarantenaire, c’est en plus la nouvelle venue. Les enfants sont également des trésors de dramaturgie. Et toute une foule d’autres personnages sont bien décrits et apportent leurs secrets, leurs réalités, leurs soutiens.

Petits secrets, grands mensonges est une lecture détente qui pourtant parle vrai et fort des problèmes importants, des non-dits et de notre société dans ce qu’elle a de plus trivial : les relations interpersonnelles.

Roman publié aux éditions Albin Michel – Traduit de l’anglais (Australie) par Béatrice Taupeau

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