L’oiseau moqueur / Walter Tevis

L’oiseau moqueur / Walter Tevis

couverture du roman l'oiseau moqueur de Walter Tevis

« Pas de questions, détends-toi ». C’est le nouveau mot d’ordre des humains, obsédés par leur confort individuel et leur tranquillité́ d’esprit, déchargés de tout travail par les robots. Livres, films et sentiments sont interdits depuis des générations. Hommes et femmes se laissent ainsi vivre en ingurgitant les tranquillisants fournis par le gouvernement. Jusqu’au jour où Paul, jeune homme solitaire, apprend à lire grâce à un vieil enregistrement. Désorienté́, il contacte le plus sophistiqué des robots jamais conçus : Spofforth, qui dirige le monde depuis l’université́ de New York. Le robot se servira-t-il de cette découverte pour aider l’humanité́ ou la perdre définitivement ?

Avis : Dans le monde imaginé par Walter Tevis, les robots ont déchargé l’homme des travaux pénibles et de tous les tracas du quotidien. L’homme a enfin trouvé la paix. Et dans le même temps, a perdu sa capacité au bonheur. Dans une vie désormais solitaire et dénuée de sens, hommes et femmes se suicident par paquet de 5. En s’immolant par le feu, s’il vous plait, histoire de donner un peu de piquant à leurs derniers instants.

Nous découvrons ce monde dans les récits croisés de 3 personnes, dont 2 le sont à travers leur journal intime. Bob Spofforth, dernier Classe 9, androïde ultrasophistiqué, conçu à l’image de l’homme. Tellement bien, qu’il n’aspire plus qu’à mourir après sa trop longue vie. Paul Bentley, qui a appris à lire en autodidacte dans un monde où la lecture est devenue proscrite. Mary Lou, jeune femme rebelle qui a échappé au conditionnement généralisé – sopor, boulot abêtissant, sopor, télé, « sexe vite fait bien fait », dodo. Tous 3 vont être amenés à se télescoper, et à apprendre des uns des autres.

L’oiseau moqueur est une véritable ode à la lecture et à la liberté de penser, aux pouvoirs des livres, de leur ouverture au monde et d’enseignement, mais aussi de pourvoyeurs d’émotions. Mais c’est aussi un rappel que les liens humains sont ce qui donnent sa saveur à la vie. En gommant l’idée même de famille et d’amitié, l’homme n’a plus de raisons de se battre.

J’ai regretté quelques longueurs (dans les passages de Bentley) mais L’oiseau moqueur propose une dystopie froide, qui invite à la réflexion et nous rappelle où se trouve l’essentiel.

Roman publié aux éditions Gallmeister (Totem) – Traduit de l‘anglais par Michel Lederer

LC avec Trisk et Lianne

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