Lombres / China Miéville

Lombres / China Miéville

couverture du roman Lombres de China Miéville

Zanna et Deeba, deux jeunes londoniennes inséparables, menaient une vie paisible jusqu’à ce que des événements bizarres les conduisent devant l’entrée secrète de Lombres.
Ici sont échouées les choses perdues ou cassées de Londres et même quelques-uns de ses habitants, comme Brokkenbroll, le patron des parapluies cassés, ou Hemi, le garçon à moitié fantôme. Zanna et Deeba sont passées de l’autre côté du miroir, dans une ville merveilleuse aux charmes étranges qu’un sombre nuage nommé Smog rêve de détruire…

Avis : Débuter un roman de China Miéville, c’est toujours la promesse de vivre une grande aventure étrange et totalement dingue. Lombres n’échappe pas à la règle. Destiné de base à un public jeunesse, l’histoire de ce Londres parallèle est une très bonne entrée en matière pour ceux qui voudraient découvrir le style de l’auteur avec un titre un peu plus abordable que par exemple (au hasard !) Légationville.

Pourtant, je dois reconnaître que ça n’a pas très bien commencé pour moi. J’ai été déstabilisée par le ton très jeunesse du début du roman, et j’ai mis plus de 100 pages à rentrer dans l’histoire. Heureusement, comme le livre en fait 636, j’avais encore de la marge 😉

Nous y rencontrons Zanna et Deeba, 2 copines qui vont être attirées par une succession de rencontres étranges à passer le Zarbe, limite qui sépare Londres de son double inversé, Lombres. Une cité totalement hors-normes, déjantée, où les objets peuvent prendre vie, où les immeubles sont de bric et de broc, où les déchets des Londoniens viennent s’échouer, et où les règles de la physique n’ont plus cours. Et les 2 filles y sont accueillies à bras ouvert. Enfin, surtout Zanna, car une prophétie de longue date annonçait sa venue, elle, la Shwazzy qui doit vaincre le Smog et sauver la ville et ses habitants.

Mais Miéville ne serait pas Miéville s’il se contentait de nous proposer une banale histoire de prophétie et de héros qui fait gentiment ce qu’on attend de lui. Au contraire, il s’amuse à renverser les codes, bouscule les paradigmes, et use de son univers totalement hallucinatoire pour nous offrir une fable écologique intelligente, drôle et superbement mise en images. Car le roman est plein d’illustrations, dues à l’auteur lui-même, révélant la profondeur de son imagination (ou de sa folie) et de son talent.

Bref, inventif, d’une langue savamment détournée (la traduction n’a pas dû être une partie de plaisir !), Lombres est une lecture hautement recommandable pour tout lecteur d’imaginaire de 7 à 77 ans.

Roman publié aux éditions Au diable vauvert – Traduit de l’anglais par Christophe Rosson
Prix Locus 2008 en catégorie jeunesse

Lire aussi l’avis de Tiger Lilly

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