L’Examen / Richard Matheson

L’Examen / Richard Matheson

Couverture de L'examen de Richard Matheson

En 1954, Richard Matheson imagine une société qui régule le vieillissement de la population.

Avis : J’aime bien la collection Dyschroniques. Je n’en lis pas assez. Leurs choix de textes sont vraiment intéressants. Ici, L’examen propose une histoire écrite en 1954 par l’un des maîtres de l’horreur, une histoire qui imagine comment traiter le vieillissement et le contrôle de la population.

Nous sommes en 2003. Dans sa salle à manger, Les aide son père à réviser pour son examen. Exercices mathématiques, d’écriture, de mémoire, de coordination. Cet examen décidera de la survie de Tom, 80 ans, pour les 5 prochaines années. Les est tiraillé. Son père est devenu un poids pour sa famille, il sait, comme sa femme, qu’il vaudrait mieux qu’il échoue. Mais Les se souvient aussi du père fort, aimé et respecté, de l’homme qui l’a élevé et avec qui il a partagé maintes petites joies du quotidien.

En à peine plus de 30 pages Richard Matheson parvient à nous transporter dans une histoire qui glace le sang. C’est cruel et violent. Sans jamais sombrer dans le pathos ou le misérabilisme, ses personnages déclenchent une profonde empathie. Les non-dits, la peur, la colère, les sentiments d’injustice et d’incompréhension se mêlent.

Et vous, comment réagiriez-vous si vos parents avaient une date de péremption ?

En fin d’ouvrage, après une petite biographie de l’auteur, l’éditeur rappelle le contexte dans lequel la nouvelle prend place. Car L’examen n’est pas une simple histoire effrayante sortie de l’imagination fertile d’un auteur de science-fiction. De telles solutions ont réellement existé dans notre Histoire. Sous le régime nazi, l’élimination systémique des personnes déficientes ou âgées faisait partie de la Solution finale d’Hitler, mais d’autres ont également proposé ces procédés, au point qu’un nom leur a même été donné : euthanasie involontaire.

Nouvelle publiée aux éditions Le passager clandestin (Dyschroniques) – Traduit de l’anglais par Jacques Chambon

3 comments

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    L’absence de version numérique de cette collection entraîne sa non-lecture et c’est bien dommage car ce serait l’occasion de lire des textes un peu plus ancien et intéressant.

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    • Zina

      Ah je n’avais pas fait attention qu’il n’existait de version numérique. C’est vrai que c’est dommage. Je n’en ai lu que 2 pour le moment, mais je les ai trouvées à chaque fois super pertinentes, et bien dans l’actualité.

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    J’aime énormément les romans de Richard Matheson. Mais si une version numérique n’est pas proposée, il y a peu de chances que je découvre ce titre… et c’est bien dommage 🙁

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