Un océan de rouille / C. Robert Cargill

Un océan de rouille / C. Robert Cargill

couverture du roman un ocean de rouille de c robert cargill

Pendant des décennies ils ont effectué les tâches les plus ingrates, ont travaillé sur les chantiers les plus dangereux. Ils nous ont servi de partenaires sexuels, se sont occupés de nos malades et de nos proches en perte d’autonomie. Puis un jour, face à notre refus de les émanciper, certains d’entre eux ont commencé à nous exterminer.
Quinze ans après l’assassinat du dernier humain, les Intelligence-Mondes et leurs armées de facettes se livrent un combat sans merci pour la domination totale de la planète.
Toutefois, en marge de ce conflit, certains robots, en perpétuelle quête de pièces détachées, vivent en toute indépendance,le plus loin possible des Intelligence-mondes. Fragile est l’un d’eux. Elle écume l’océan de rouille à la recherche de composants à troquer et elle défendra sa liberté jusqu’à la dernière cartouche, si nécessaire.

Avis : Fragile est une Aidante, modèle Simulacrum, un robot conçu pour apporter soin et confort aux humains. Aujourd’hui, 15 ans après la disparition du dernier humain, Fragile arpente l’Océan de rouille pour trouver les composants qui lui permettront de survivre. La guerre entre les hommes et les machines pensantes a conduit à l’extinction de l’humanité et de toute vie biologique. Fragile a participé à la guerre. Activement. Comme nombre de ses condisciples, elle a voulu croire à l’âge d’or des robots, à l’utopie d’un monde libre. Malheureusement, les Intelligences-Mondes avaient un autre plan…

Ici, la liberté équivalait à une condamnation à mort.
Mais ça valait mieux que l’autre option.

Un océan de rouille est un melting pot d’influence. Il y a du I, robot – les humains avaient malheureusement oublié de caster Will Smith -, du Terminator – pour la toute-puissance de Skynet et la guerre elle-même -, du Mad Max – pour l’univers apocalyptique qui en a résulté – et j’ai même pensé à Pluto – pour l’humanité des robots, et la réflexion sur la conscience, et sur ce qui nous rend « humain ».

Accompagné d’un petit groupe d’autres survivants, Fragile va tenter, dans une quête épique et effrénée, de ranimer le mythe qui a justifié tous ses actes. Sur ce chemin de Damas, elle se souvient. Dans des flash-backs judicieusement placés qui apportent au roman toute sa profondeur, elle se remémore sa vie d’avant, ses propriétaires, le début de la guerre, et son rôle dans l’extermination de l’humanité…

Il n’y a qu’une seule chose à retenir sur la fin des machines : quand elles sont proches de la mort, elles se comportent comme les humains.

L’auteur propose ici un roman enlevé et une histoire prenante, le divertissement est assuré par une recette efficace. Les décors sont cinématographiques (logique, lorsqu’il n’écrit pas de roman, C. Robert Cargill est scénariste) et l’ambiance, mitonnée aux petits oignons entre courses poursuites haletantes, trahisons et révélations. Il présente une héroïne atypique, à la personnalité trouble, attachante, mais presque malgré elle car elle n’essaie pas du tout de se rendre sympathique ou amicale, c’est une solitaire qui souhaite le rester.

J’ai passé un très bon moment avec ce roman, que je verrais, forcément, très bien adapté au cinéma !

Roman publié aux éditions Albin Michel (Imaginaire) – Traduit de l’anglais par Florence Dolisi

10 comments

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    Il existe un anime avec un concept vraiment similaire : Cashern Sins

    Je te le résume :
    Dans l’anime le robot a perdu la mémoire et essaye de découvrir au fur et à mesure ce qui c’est passé lors du début de la fin qu’il aurait provoqué lui même d’après la rumeur. Il essaye aussi en parallèle de survivre pourchassé de partout par des robots qui veulent le dévorer parce que pour eux c’est la seule façon de survivre quand tout tombe en ruine (un espèce de mythe dit que le manger mènera à la survie).

    Il en plus était métaphorique/poétique j’ai l’impression que ce roman dans le sens ou on ne parlait pas de récupération de pièces ni de technologie mais plus comme si les robots « mangeait » les restes viables des autres. En fait on ne se posait même pas la question du « pourquoi » c’était limite plus philosophique que SF.
    Du coup c’était justement encore plus anthropomorphique, mais les robots restaient tout de même des robots aux comportements étrangement compulsifs pour la plupart, sauf certains qui étaient bien plus évolués et qui sont bien plus déterminés a tuer Cashern d’ailleurs mais plus par « dernière vengeance avant la fin » que pour leur propre survie.

    L’anime était génial et j’en garde un souvenir vraiment fort. Une ambiance triste et violente à la fois, je me souviens avoir versé des torrents de larmes à certains moment xD.

    Du coup je verrais pour ce livre, mais j’ai peur de trop passer mon temps à faire des comparaisons.

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    • Zina

      Je ne connaissais pas du tout. Ici on est vraiment plus dans l’action, je pense pas que tu pleures 😉
      C’est à prendre comme un chouette divertissement, mais ça va rien révolutionner.

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