L’année du lion / Deon Meyer

L’année du lion / Deon Meyer

couverture du roman l année du lion

Ils ont tué mon père.
Je les aurai.
Après la Fièvre qui a décimé les neuf dixièmes de la race humaine, mon père, Willem Storm, a fondé Amanzi, une nouvelle colonie, et l’a menée du chaos à l’ordre, de l’obscurité à la lumière, de la famine à l’abondance.
Je suis Nico Storm, formé par Domingo à l’art de tuer.
Je détestais mon père et je le vénérais.
Ils l’ont abattu à Witput, dans notre beau Karoo, en bordure de l’ombre effacée d’un cercle d’irrigation.
Je vais trouver ses tueurs et je le vengerai.
Ce qui suit est mon histoire.

Avis : Après ma première lecture de Deon Meyer, Lemmer l’invisible, je n’ai pas pu m’empêcher d’en lire un autre. Et il m’a encore plus conquise !

L’année du lion est sous-titré Les mémoires de Nicolas Storm sur l’enquête de l’assassinat de son père. Et c’est sous la forme d’un journal qu’on le lit. Ce journal intime est celui de Nico, alors adulte, qui retrace le devenir d’une communauté menée par son père, Willem Storm. La communauté d’Amanzi, du nom d’une ville proche d’un barrage et d’une usine hydroélectrique, a été créée par des réfugiés de tous bords, suite à la venue d’une fièvre qui a tuée 95% de la population humaine de la Terre. Nico était alors un enfant de 13 ans. Et son père l’a protégé pendant quelques années, puis il a « semé » des tracts pour que ceux qui voulaient une communauté réfléchie, démocratique et juste, les rejoignent.

Et ce sont quelques 300 personnes qui ont répondu présents ! Parmi elles, Domingo, au passé trouble et dont la théorie est que « l’homme n’est qu’un animal avec une couche de vernis civilisé ». Mais il y a aussi Birdie, qui est une ingénieure hors pair. Sophia Bergmann, la femme que Nico sait qu’il finira par épouser. Ou Béryl, qui a recueilli des dizaines d’enfants sur sa route. Il y a un pasteur, Nkosi Sebego, qui va se révéler être un prêcheur politicard et son opposé, un psychologue, Nero Dlamini ou Hennie As qui pilote un petit avion et a aidé à disséminer les tracts de Willem.
Puis beaucoup d’autres vont les rejoindre. Mais la théorie de Domingo se réalise : la communauté d’Amanzi se fait attaquer et dévaliser. Le rêve de Willem et d’une partie du cercle de commandement, à savoir une union des hommes dans la justice et l’égalité du partage, se retrouve confronté à la barbarie des extérieurs.

Mais comme rien n’est jamais aussi simple dans les livres de Deon Meyer, d’autres surprises, ainsi qu’une vision d’ensemble de la société et une vision des adultes et de la vie vue par un adolescent, m’ont comblée. La parole de Nico est belle. Elle m’a semblé juste. Elle réunit une vision négative de l’humanité (celle de Domingo) et la vision du père de Nico lui-même, qui voit en l’humain un gage de progrès et de prise de conscience, souvent tardive certes, mais qui devrait toujours être espérée et guidée. L’année du lion est une histoire assez optimiste malgré les tensions et horreurs que l’on peut imaginer dans un monde post-apocalyptique.

Les rebondissements sont légions, l’utopie n’est pas naïve et l’amour d’un fils pour son père est très bien décrit. J’adore le style Deon Meyer et j’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres.

Roman publié aux éditions du Seuil – Traduit de l’afrikaans et de l’anglais par Catherine Du Toit et Marie-Caroline Aubert

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