Pension complète / Jacky Schwartzmann

Pension complète / Jacky Schwartzmann

couverture du roman pension complete de jacky schwartzmannDino Scala, habitué au faste de la vie luxembourgeoise, se voit obligé de séjourner aux Naïades, un camping perché sur les hauteurs de La Ciotat. Là, au royaume des tentes Quechua, il fait la connaissance de son voisin de bungalow, qui semble aussi perdu que lui : un écrivain célèbre, goncourisé même. Charles Desservy est venu ici se reconnecter à la vraie substance de la vie : les gens normaux.
Et, dans ce dernier cercle de l’enfer – un camping bondé en plein été dans le Sud de la France –, les cadavres commencent à s’accumuler gentiment autour d’eux…

Avis : Après Demain c’est loin et Mauvais coûts, je me suis encore fait un plaisir jouissif bien qu’un peu malsain avec le dernier livre de Jacky Schwartzmann. Encore une fois, il réussit le tour de force de nous faire prendre parti pour un loser.

Cette fois il s’agit de Dino Scala, qui vient des Buers, une cité de Lyon, et qui serait pote avec Francois Feldman de Demain c’est loin. Dino est gigolo ; enfin lui se voit comme amoureux de cette femme, Lucienne, qui est de 20 ans son ainée. Il vit richement donc, puisqu’elle est luxembourgeoise et multimillionnaire. Seul hic, sa belle-mère, qui ne l’aime pas et le traite avec condescendance.

Jacky Schwartzmann décrit le monde huppé et feutré du Luxembourg, de façon comique et glaciale. Il y fait intervenir des prostituées, une maquerelle et des serveurs italiens pour mélanger les genres et pour glisser le grain de sable dans cette histoire : l’AVC de Macha, la belle doche. Dino ne réussit pas à aider Lucienne dans cette nouvelle leçon de vie, et doit aller, en punition, seul sur la côte d’azur dans le yacht de Lucienne pour réfléchir. Manque de chance encore (pour nous, être envoyé sur un yacht ne serait peut-être pas vu comme une punition…) , quand sa voiture tombe en panne sur la route, il se voit contraint de se réfugier dans un bungalow de camping. Et là, la rencontre et l’entente qui en découle, hautement improbable par ailleurs, entre un écrivain goncourisé et lui-même, va mettre le feu aux poudres.

L’auteur réussit une nouvelle fois l’association de deux opposés qui fait des étincelles de bonheur et d’humour noir, mais aussi de violence et de compréhension. C’est un plaisir sans cesse renouvelé de lire ses romans. Ils font du bien, ils sont très bien construits et par leur humour grinçant, leur tendresse envers des personnages tout sauf aimables, ils ouvrent une espèce de vivre ensemble complètement amoral mais superbe et poilant.

Heureusement, il me reste encore à découvrir Mo money Mo Problem, Public enemy et Bad trip de cet auteur. Ouf ! J’ai encore devant moi d’excellents moments de délire et de plaisir !

Roman publié aux éditions Seuil (Cadre noir)

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