Mauvais coûts / Jacky Schwartzmann

Mauvais coûts / Jacky Schwartzmann

couverture du roman mauvais couts de jacky schwartzmann

Gaby Aspinall n’attend plus grand-chose de la vie. C’est un salaud. Acheteur dans une multinationale, à l’amoralité crasse, il y est comme un poisson dans l’eau. Il déteste, en vrac, les syndicats, Nespresso, Souchon, le rugby, ce sport de gros cons… Seuls les cinq à sept bâclés et les cuites au Get27 trouvent vaguement grâce à ses yeux. Alors si le passé s’invite dans sa petite vie bien réglée…

Avis : Quelle belle brochette d’horribles humains : menteurs, arnaqueurs, petits et mesquins ! Et pourtant, il y a de l’amour et de l’humour dans ces pages qui se dévorent avec passion et plaisir.

C’est toujours jouissif de lire Jacky Schwartzmann (beaucoup moins d’écrire son nom à rallonge ). Il invente des personnages borderline et auxquels on fini quand même par s’attacher. Dans Mauvais coûts, il est question de Gaby, qui est acheteur chez Arema et qui n’a aucune conscience. Il aimerait se faire sa N+1, il arnaque sans problème tous les fournisseurs et a une vision du monde assez binaire « Y a rien de personnel mon pote : c’est le business », « les femmes sont chiantes et elles sont connes », « les barmans sont tous des sales races », bref, ce n’est pas le meilleur humain du monde et pourtant, on se surprend à lui vouloir du bien.

Il vit sa petite vie d’acheteur, il a un peu de pouvoir, pas de femme ni d’enfant, un père vieillissant et alcoolo, et il se souvient des femmes de sa vie avec colère. Mais il a une arme puissante, un humour noir. Dans cette vie bien rangée, va surgir plusieurs évènements qui vont la faire basculer, pour le pire… ou le meilleur ? Cela dépend de quel côté on se place. On a donc, dans le désordre : une dépression, la mort du père, les amourettes du passé qui ressurgissent, du sexe hors mariage, une prostituée de 16 ans, et des Nike montantes, de l’aérophagie, des dérapages et des concours de circonstances bien contés.

Avec tout ça, l’auteur nous livre un meurtre parfait. Il nous montre une vision de l’entreprise ET du monde, malsaine ou très vraie (c’est au choix…). Il nous entraîne, comme le film Le couperet de Costa-Gavras, vers des embauches 2.0 glauques et pourtant savoureuses.

Donc, j’affirme à nouveau mon amour pour cet auteur découvert aux Quais du polar l’année dernière. Et encore, je ne vous ai pas parlé de Pension complète. Affaire… heu je veux dire chronique à suivre, car c’est son dernier livre sorti en 2018.

Roman publié aux éditions Points

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