Les portes de la maison des morts / Steven Erikson

Les portes de la maison des morts / Steven Erikson

Couverture de Le Livre des matyrs, tome 2 Les Portes de la Maison des Morts

Le livre des Martyrs, Tome 2

Sur le vaste continent de Sept-Cités, au cœur du Saint-Désert de Raraku où l’oracle Sha’ik rassemble son armée pour une rébellion des plus sanglantes : un maelström de fanatisme et de férocité qui façonnera des destinées et enfantera des légendes…
Félisine, la plus jeune fille de la Maison Paran, tombée en disgrâce, rêve de vengeance dans les mines d’Otataral. Pendant ce temps, le sapeur Violain et l’assassin Kalam, deux Brûleurs de Ponts devenus hors-la-loi, se sont fixé comme mission de ramener la jeune Apsalar chez elle et, ce faisant, de confronter l’Impératrice Laseen. Tandis qu’à Hissar, Coltaine, commandant de la 7ème Armée de Malaz, s’apprête à lancer ses fidèles Wickiens et ses troupes dans une ultime bataille pour sauver les populations jetées sur les routes par le chaos de la rébellion. C’est ce moment que choisissent deux vagabonds séculaire pour revenir : Mappo le Trell et son compagnon Icarium de demi-sang Jaghut, porteurs d’un secret dévastateur qui menace de rompre ses chaînes à tout instant…

Avis : J’avais dévoré Les jardins de la lune, premier tome du tentaculaire Livre des Martyrs, et je n’ai pas tardé à me plonger dans sa suite, Les portes de la maison des morts. Steven Erikson confirme ici le haut niveau de sa série, tant en termes de complexité dans les intrigues, de world et de magic building que d’exigence narrative. J’ai toutefois un peu moins aimé ce tome, mais je vais vous expliquer pourquoi.

Changement de décor, nous quittons Genabackis et Darujhistan pour Sept-Cités et le désert de Raraku. L’Empire Malazéen et ses garnisons y ont la mainmise, mais pas pour longtemps. La révolte gronde et le Livre de Dryjhna s’apprête à être ouvert, libérant la Rébellion. Le réveil de Sha’ik va plonger le continent dans une guerre sainte, le mettant à feu et à sang.

Des personnages rencontrés dans Les jardins de la lune, les seuls que nous retrouvons sont les Brûleurs de Ponts Violain et Kalam, accompagnés de Crokus et Apsalar. Ils sont sur le continent pour raccompagner Apsalar chez elle – entre autres… Mais leurs aventures ne composent qu’une partie du récit. Ainsi Steven Erikson construit d’autres fils narratifs, menés par de nouveaux protagonistes pour les porter. Et comme la première fois, il nous balance dans le bain sans nous faire tester l’eau avant. Mais ce n’est pas grave, on est habitué, on sait qu’on peut gérer 😉

D’abord il y a Félisine, 15 ans, noble Malazéenne déchue de ses droits, Héboric, un ancien prêtre de Fener, et Baudin, une force de la nature dont on ne sait rien. Tous trois ont été condamnés à l’esclavage dans les mines d’Otataral et vont former une alliance, faite d’un mélange étrange d’entraide et de mépris. Puis Mappo le Trell et Icarium le Jaghut, un improbable duo lié par une indéfectible amitié partis sur les traces de la mémoire du second. Ou pas. Enfin, l’Historien Impérial Duiker, le Poing Coltaine, et les milliers de soldats et de réfugiés dont ils ont la charge. Car Sept Cités vient de s’embraser, et l’armée de Sha’ik est bien décidée à bouter l’envahisseur malazéen hors de ses terres.

Le titre de Livre des Martyrs prend ici tout son sens. Les portes de la maison des morts est un flot de sang et de massacres. Aucune exaction ne nous sera épargnée. Tant d’horreur et de noirceur rend le récit par moment étouffant. L’atmosphère y est lourde et poisseuse. Les protagonistes eux, sont rarement tout noirs ou tout blancs. Leurs motivations sont souvent complexes et leurs allégeances, plurielles.

La magie se développe encore, avec d’une part ce Tourbillon tout sauf naturel qui ravage Raraku, mais également avec les pouvoirs de certains espèces, tels que les Solipris ou ceux du démon aptorien, mais aussi ceux conférés par les dieux eux-mêmes. Ombretrône et ses molosses seront d’ailleurs également de la partie, pour mon plus grand plaisir. Nous arpenterons des garennes plus étranges les unes que les autres, et certains autres lieux magiques extrêmement originaux.

Alors pourquoi ai-je moins aimé ce tome ? Tout simplement à cause du récit de la guerre qui compose une grande partie du roman. Malgré toute la tension inhérente aux enjeux de la fuite de Coltaine et de sa Chaine des Chiens, malgré ses redoutables traits de stratégie militaire, et la richesse des personnages, il s’agit principalement d’une suite de batailles presque continue, chose qui ne me passionne qu’à petite dose. Et cette partie était vraiment prépondérante, en termes de nombres de pages, sur les autres.

Il n’en reste pas moins que Les portes de la maison des morts est un roman de grande qualité. C’est avec plaisir que je lirai le tome 3, Les souvenirs de la glace.

« Il y a peu de bien en l’homme. Peu de bien. »

Roman publié aux éditions Leha – Traduit de l’anglais par Nicola Merrien

Lire aussi l’avis d’Apophis

 

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