A pleurer tout nous condamne / Cécile Cabanac

A pleurer tout nous condamne / Cécile Cabanac

Couverture de A pleurer tout nous condamne de Cécile CabanacPour un salaire de misère, Alice, jeune attachée parlementaire, se laisse maltraiter depuis trop longtemps. Elle qui se rêvait générale des armées se découvre petit soldat au garde-à-vous. Et ce constat douloureux la pousse à tout quitter pour se réfugier au Pays basque où ses parents ont hérité d’une maison empreinte du souvenir de sa tante Diane. Vingt ans plus tôt, celle-ci a disparu sans que personne ne comprenne jamais ce qui lui est arrivé. Comme une évidence, elle va alors avoir besoin de faire la lumière sur cet événement qui a marqué son enfance.
Mais à Saint-Just-Ibarre, la vie semble régie par les secrets, et sa présence dérange. Une animosité malsaine règne autour d’elle. Alice, qui étouffe sous le poids de ce drame familial, ne renoncera pourtant pas. Quoi qu’il en coûte, elle rendra justice à Diane.

Avis : Alice Broca voit sa vie chamboulée lorsqu’elle se rend compte qu’elle n’est vraiment pas heureuse dans sa vie professionnelle… qui est d’ailleurs la seule qu’elle peut avoir puisqu’elle y passe tout son temps ! Son patron, le futur ministre Mansart, la pousse à bout en lui demandant un énième discours pour dans quelques heures du petit matin ! Elle décide de partir se réfugier dans la maison de sa tante au pays Basque. Loin de Paris, cette ville trépidante et de son persécuteur mais aussi de ses parents, surtout son père, Thierry Broca qui ne conçoit pas que l’on fasse un Burn-out ! Sa mère, Annabelle s’inquiète surtout de ce qu’Alice va pouvoir faire dans la maison de famille, qu’elle tient de sa tante, Diane Trajan. Inhabitée depuis la disparition de celle- ci, quelques 20 ans plus tôt, en 2001, cette maison contient peut être la clé pour élucider la tragédie qui a failli coûter le moral d’Annabelle et a peut être bien bousiller d’autres vies…

En effet, Alice ne semble pas la bienvenue quand elle commence à poser des questions sur la disparition de sa tante. Miren, sa voisine pourtant amie avec sa tante et sa mère, lui bat froid. Le frère de celle-ci, Aitor, le plombier qui remet le chauffage dans la maison de Diane, lui paraît suspect. Le docteur Jean Beltran lui propose une ballade avec des gens du coin pour l’aider dans ses recherches : ainsi elle rencontre la mairesse, Arantxa Mendi, Nahia, la cheffe de l’auberge et deux hommes, Peio qui s’y connaît en Histoire et Nicolas, un jeune qui n’a rien à voir avec la disparition.

Tout ce beau monde a l’air de cacher des choses ou bien à son avis tranché de la question ! Car il y a eu certaines pistes qui ont été suivi, notamment Gaizka le frère de Nahia, qui a dû s’enfuir par l’Espagne vers le Brésil où il coulerait des jours tranquilles mais dont personne n’a de nouvelles. Mais il est aussi question d’un homme marié dont l’alibi a été vérifié mais qui n’a parlé que tard, laissant les enquêteurs dans le noir pendant quelques semaines. Tout ceci, Alice l’apprend car en bonne journaliste elle a retrouvé Michel Letay, le commandant de brigade à la retraite dont cette affaire hante les souvenirs. Il lui donne accès au dossier de l’enquête.

Ce polar va nous entraîner dans le temps pour mieux montrer les racines que cette disparition impose au présent. On va avoir des découvertes intenses, des revirements et même des meurtres (humain et animal) et des explications. Mais surtout le suspense, une fois lancé, est bien mené. Et pourtant 3 choses m’ont gênée dans ce livre et pas des moindre. Premièrement, l’absence d’empathie pour Alice. Je ne la trouve pas intéressante, ni convaincante dans ses raisonnements ni dans l’explication de son mental. Elle a peur des courants d’air mais part seule souvent en forêt… elle est censée être soudée avec Denis, son frère mais ne sait pas les dernières choses qui lui arrive…

Deuxièmement, des erreurs de logique dans l’enchaînement des faits. Par exemple, un autre homme que Gaizka tournait autour de Diane mais alors que le gendarme l’apprend en 2008, rien n’est dit à Alice de nos jours…

Et dernièrement, une fin trop complexe et abrupte. Si la disparition a donné lieu à un effet boule de neige qui a affecté de nombreuses familles en plus de celle d’Alice, les explications de ces ramifications sont un peu trop rapides et aussi parfois tirées par les cheveux. En moins de 2 pages on a des aveux/explications, un  verdict, et la vie qui reprend pour Alice et Denis.

Dommage car la construction de l’intrigue est incroyable et l’effet boule de neige aurait dû être époustouflant mais la mise en œuvre pêche un peu sur la fin surtout.

Au final, de bonnes idées, un suspense dense. Mais un rendu un peu décevant.

Roman publié aux éditions Fleuve noir. 

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