Les Mares-Noires / Jonathan Gaudet

Les Mares-Noires / Jonathan Gaudet

couverture du roman Les mares-noires de Jonathan Gaudet

Sous la douce lumière d’un matin d’été aux Mares-Noires, au beau milieu du Québec, une femme berce son bébé près d’une fenêtre, en fixant le coyote qui s’approche trop près de leur petite maison. Soudain, à la radio, un flash spécial : une explosion est survenue à la centrale nucléaire. Un bâtiment est en flammes, sept employés sont coincés à l’intérieur. Parmi eux, le mari de cette femme. Le cri qu’elle pousse alors ébranle toute la forêt. Les autorités se veulent rassurantes, mais la femme sait que le pire va arriver. Qu’il est trop tard.
Treize ans ont passé, la femme a refait sa vie et son bébé est devenue une adolescente rebelle. Si le drame qui les a touchées semble derrière elles, les fantômes ne sont pas loin. Encombrée de tensions, de silences, d’indicibles secrets, leur relation est une bombe à retardement aussi imprévisible que menaçante…

Avis : Pas la peine de tourner autour du pot, Les Mares-Noires, beau à tomber par terre est un roman d’une noirceur qui colle à la peau… et la radioactivité n’y est pas pour grand chose !

La mère (dont on découvre le prénom tard dans le roman) vivait sa vie de femme au foyer avec un petit bébé, Émilie, quand elle apprend à la radio que des explosions dans la centrale nucléaire voisine ont eu lieues. Son mari, David, fait parti du personnel coincé en attente des pompiers… Elle a beau se démener, téléphoner à la centrale, à la femme du contremaître de son mari et même se rendre sur place, personne n’en sait plus pour l’instant… Les autres chapitres se situent plus tard, après ces explosions.

La force de Jonathan Gaudet est de nous laisser souvent dans le flou : pas toujours de prénom, pas de date, sauts dans le temps et dans les lieux… pas de science fiction, non juste un choix littéraire fort et qui entretient le malaise suintant des Mares-noires. Les non-dits, les émotions humaines refoulées ou déviées, et une espèce d’engourdissement ont teintés les lieux et les personnages de cette famille.

Et pour nous perdre encore un peu et faire monter la tension par une certaine incompréhension, Jonathan Gaudet écrit aussi des chapitres avec des psychologues, ou même avec des rumeurs… C’est diaboliquement bien foutu !

Lecteur, lectrice sachez donc, que tout le sinistre de ce roman n’est pas dans la radioactivité mais bien dans les rapports humains de ce petit coin perdu du Canada, les Mares-Noires. Et bon sang, ce qu’ils sont pauvres, tristes et glaçants, ces rapports humains !!!

Roman publié aux éditions Belfond

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