Summerland / Hannu Rajaniemi

Summerland / Hannu Rajaniemi

couverture du roman Summerland de Hannu Rajaniemi

Le deuil appartient au passé. Le meurtre est obsolète. Mourir n’est qu’un début.
En 1938, la mort n’est plus crainte, mais exploitée.
Depuis la découverte de l’au-delà, l’Empire britannique a étendu son emprise jusqu’en Summerland, un lieu uniquement peuplé de personnes récemment décédées.
Cependant, la Grande-Bretagne n’est pas la seule à vouloir exercer une mainmise sur la vie après la mort. Les Soviétiques ont des espions en Summerland et disposent des moyens technologiques pour créer leur propre dieu.
Lorsque Rachel White, agent du SIS, obtient des informations sur une taupe soviétique, elle donne l’alerte, mettant sa carrière en péril. L’espion en question a des amis haut placés, et elle va devoir agir en solo si elle veut le coincer.
Mais comment attraper quelqu’un qui est déjà mort ?

Avis : Hannu Rajaniemi est auteur plébiscité dont les sorties font à chaque fois grand bruit. Son petit dernier, Summerland, avec sa superbe couverture mystérieuse, était le roman que j’attendais le plus cet été, et j’avais vraiment hâte de le lire. Pourtant, j’ai déjà dans ma PAL Le voleur quantique du même auteur, j’aurais logiquement dû commencer par celui-là. Mais la logique et moi… Bref. Alors, Summerland a-t-il été à la hauteur de mes attentes ? Oui et non.

Oui, parce que l’univers créé est vraiment original et minutieusement mis en place. Imaginez plutôt que nous soyons parvenus à vaincre la mort. Grandement inspiré par le courant de spiritisme du 19e siècle, l’auteur crée un univers uchronique où l’homme, à force de développement scientifique (les ondes électromagnétiques, l’éther, tout ça, tout ça…), parvient non seulement à communiquer avec ceux qui sont passés de vie à trépas, mais ces derniers peuvent également occuper le corps d’autres personnes, des médiums, pour revenir faire un petit tout par chez nous. Mais lorsqu’ils sont dans ce qui est désormais leur « chez eux », c’est en Summerland que les esprits ont élu domicile.

Dans cette configuration, les services secrets britanniques se sont dit qu’il y avait un créneau à occuper et ont scindé leur réseau en 2 branches distinctes : la Cour d’hiver, où les simples mortels officient, et la Cour d’été, pour les esprits. Nous sommes en 1938 et, entre la guerre civile en Espagne et la montée du communisme, il y a de quoi bien occuper les 2 cours. De quoi même, faire des agents double voire triple ! Rachel elle, est une agente de la Cour d’hiver et Rachel est en colère. Elle vient d’être saquée après une opération qui a mal tourné et la voilà reléguée à la section financière après 20 ans de bons et loyaux services. 20 ans à devoir prouver sa valeur, encore et encore. Parce que, vous comprenez, Rachel est une femme, donc sujette à l’hystérie, dépendante de ses « limitations naturelles »… Mais Rachel n’a pas dit son dernier mot et compte bien passer outre l’aval de ses supérieurs et débusquer elle-même la taupe qui se cache à la Cour d’été.

Summerland est un roman inventif, avec des personnages volontaires et complexes, qui traite de la condition des femmes, interroge notre rapport à la mort, et qui met en place une intrigue d’espionnage pleines de rebondissements. Alors qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Eh bien c’est un aspect qui m’est totalement personnel et auquel je ne m’attendais pas, parce qu’après tout je lis de l’imaginaire à longueur de temps et je n’ai aucun mal à adhérer aux univers proposés. Mais Summerland se rapproche tellement de mon idée de l’enfer que j’ai eu du mal à me passionner pour les enjeux. La vie en son sein y ressemble bien trop à la vie sur Terre : il faut continuer à aller travailler tous les jours, prendre les transports les communs et bien sûr n’oublions pas les taxes ; le passage à la Cour d’été y est même vu comme une promotion. Désolée, mais sur ce coup-là, je suis dans l’équipe de Kulagin et du père de Peter ! (Comprendrons ceux qui liront).

Roman publié aux éditions ActuSF (Perles d’épices) – Traduit de l’anglais par Annaïg Houesnard
L’avis du dragon galactique

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