La cité de laiton / S.A. Chakraborty

La cité de laiton / S.A. Chakraborty

couverture du roman La cité de laiton de Shannon Chakraborty

Daevabad, Tome 1

Le Caire, XVIIIᵉ siècle. Dans le but de financer d’hypothétiques études de médecine, Nahri escroque sans vergogne les nobles ottomans, qui s’arrachent à prix d’or ses services prétendument magiques. Mais lors d’une de ses séances, elle invoque accidentellement un guerrier djinn, Dara, et déclenche une chaîne d’événements qui les conduira tous deux à quitter précipitamment Le Caire. Leur périple à travers les sables brûlants du désert, grouillants de créatures de feu et de rivières où dorment des êtres mythiques, a pour destination Daevabad, la légendaire Cité de Laiton…

Avis : Ce qui m’a attiré en premier vers la Cité de laiton, c’est cet univers oriental que promettait la 4e de couverture. Djinns et autres créatures du désert, qui ne sont pas si courants en fantasy, et qui concourent ainsi à mettre en place une histoire agréablement dépaysante.

Au Caire, Nahri est une jeune femme solitaire, débrouillarde et volontaire qui n’hésite pas à user de tous ses talents pour assurer sa survie. Si la journée elle apprend le secret des plantes dans la boutique d’un apothicaire, la nuit elle reçoit crédules et désespérés pour leur vendre malédictions, charmes et désenvoutement. Et c’est justement lors d’un de ces rituels que sa vie va basculer. Alors qu’elle pratique un exorcisme sur une petite fille, elle va attirer sur elle l’attention inopportune d’un vrai démon. Elle qui n’avait jamais cru à ses propres falbalas, la voilà confrontée à un Efrit, bien décidé à la tuer ! Heureusement pour elle, elle invoque en même temps un puissant et exécrable guerrier pour la protéger.

Ce sera pour la jeune femme le début d’un voyage qu’elle n’aurait pu imaginer. Un voyage où elle va découvrir le secret de ses origines, l’existence de la magie et d’êtres de légendes, mais aussi se retrouver prise dans les intrigues de la mystérieuse cité de laiton, terre d’origine des Daevas.

C’est un univers riche et complexe que met en place Shannon Chakraborty, principalement en raison des différentes ramifications qui composent le monde et l’histoire des djinns, des ramifications à la fois mythologiques et politiques. Ces éléments nous sont révélés au compte-goutte tout au long du roman, et bien des mystères entourent l’histoire des djinns – et de certains personnages. Malgré l’envie bien présente d’en comprendre les tenants et les aboutissants, cela participe à créer un récit assez lent qui manque un peu de peps (en dehors du début et de la fin où tout s’accélère soudain). Et pour ne pas aider à fluidifier la sauce, les djinns sont séparés en 6 tribus, dans lesquelles il est facile de se perdre ; les explications manquent parfois de clarté, notamment quand le nom Daeva peut aussi bien désigner une tribu en particulier, que les djinns dans leur ensemble… C’est ainsi que Nahri va se voir parachutée pion dans un monde qu’elle ne comprend pas et qui est en proie à un racisme prégnant, alimenté par des siècles de guerres intestines.

Parallèlement, nous suivons Alyzayd al Qahtani, fils cadet de la famille régnante de Daevabad. Il a été élevé pour être le Caïd de son frère lorsque celui-ci sera roi. Ali est un guerrier dévot et naïf, qui peut se montrer puéril et aussi sectaire que ceux qu’il souhaite combattre. Il est tiraillé entre sa foi et ses convictions et sa loyauté envers sa famille. C’est un personnage que l’on finit par apprécier car malgré ses maladresses, ses intentions sont pures – mais vous savez ce qu’on dit de l’enfer… Toutefois, il représente bien les personnages de La cité de laiton. Car à part Nahri, que j’ai trouvé tout de suite sympathique, les autres protagonistes sont généralement peu engageants, particulièrement les hommes. Il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de femmes non plus… Nous ne sommes pas dans une saga où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », ni  où les « bons » et les « méchants » sont clairement définis ; c’est bien plus nuancé. Ainsi Dara, le protecteur de Nahri, et 3e personnage principal (bien qu’il n’ait pas de chapitres de son point de vue), paraît souvent imbu de lui-même et pédant (entre autres défauts) et seul l’attachement qui le lie à Nahri et ses nombreux secrets le rendent intéressant à suivre.

C’est donc un univers particulièrement solide qui est proposé ici, bien qu’il prenne un peu de temps pour s’installer. La dernière page tournée, bien des mystères sont encore à résoudre, et des changements important ayant eu lieu, la suite, Le royaume de cuivre, promet donc d’être un peu plus mouvementé (en tout cas je l’espère !). Rendez-vous pris 🙂

Nahri sourit […]. C’était le sourire qu’elle avait adressé au basha, le sourire qu’elle avait adressé à des centaines d’hommes arrogants au fil des ans, juste avant de les plumer.
Nahri souriait toujours à ses cibles.

Roman publié aux éditions J’ai lu (Fantasy) – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Gaspard Houi
L’avis de Lianne

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