Bullet Train / Kotaro Isaka

Bullet Train / Kotaro Isaka

couverture du roman Bullet train de Kotaro Isaka

En gare de Tokyo, Kimura s’apprête à monter dans le Shinkansen, le train à grande vitesse japonais, avec une arme à feu cachée dans son sac. Sa cible ? Un collégien qui a poussé son fils de 6 ans du haut d’un toit, le laissant entre la vie et la mort.
Mais Kimura ignore qu’il est loin d’être le seul passager armé. Parmi les voyageurs se trouvent aussi Citron et Mandarine, les hommes de main d’un gangster qui doivent lui ramener son fils, victime d’un kidnapping – ainsi que la valise contenant la rançon. Et puis Nanao, un assassin malchanceux chargé de récupérer ladite valise.
Une situation explosive, en particulier quand tout ce petit monde est voué à se croiser dans les compartiments du bullet train…

Avis : Kimura, l’alcoolo, veut venger son fils, Wataru. Le collégien, qui a poussé Wataru, veut vivre sa vie à fond. Citron et Mandarine souhaitent juste ne pas mettre en rogne Minegishi, le mafieux que tout le monde craint ! Nanao, dit Coccinelle et les autres à noms d’insectes et animaux, sont là pour diverses missions ! À croire que tous les tueurs du coin, se sont donnés rendez-vous dans le Bullet Train, le shinkansen japonais !

La réussite éclatante de ce roman, qui va être adapté au cinéma, tient dans son rythme, ses personnages rocambolesques et la peur viscérale que suscite l’un deux, Le Prince.

Dans Bullet train, il n’y a pas de minute de latence. Quand ce n’est pas Kimura l’alcoolo qui s’en voit, c’est Nanao qui tombe, qui perd quelque chose ou qui se cogne la tête ! Quand Mandarine croit avoir les choses en main, Citron, son acolyte, chamboule tout ! Et puis il y a tant d’insectes ou d’animaux qui sont aux aguets, que ce n’est plus un train, c’est une arche !

La phrase « tel est pris qui croyait prendre » prend tout son (double !) sens avec Kotaro Isaka ! Alors même si l’humour est parfois un peu lourd (Thomas et ses amis, le dessin animé sur les trains, y tient une part non négligeable !!), même si les situations ne devraient pas être très crédibles (un serpent dans un train, un pistolet qui explose…), ça passe car c’est tellement bien écrit que ça en devient plausible et je dirais même addictif !

Et la psychologie derrière la violence et les rapports de force font froid dans le dos. Le Prince décortique des événements mondiaux ou particuliers en s’appuyant sur ce qu’on sait de la psychologie. Il manipule tout le monde et rit sous cape (et même parfois devant ses victimes !) de leurs peurs et de leurs impuissances, de son intelligence suprême au service de son bien-être et de son pouvoir sur les autres !

Bullet train est divinement noir mais avec un petit kick déjanté comme Le livre sans nom ou du Tarantino. Bref, j’ai adoré ! Vivement que j’en lise d’autres de cet auteur qui est ma révélation 2022 !

Roman publié aux éditions Presses de la cité – Traduit de l’anglais par Céline Cruickshanks

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