Afterland / Lauren Beukes

Afterland / Lauren Beukes

couverture du roman Afterland de Lauren Beukes

Plus de 99,9% des hommes sont morts.
Trois ans après la pandémie qui les a balayés, les gouvernements tiennent bon et la vie continue. Mais le monde d’après, dirigé par des femmes, exsangue d’un point de vue économique, n’est pas forcément meilleur que celui d’avant.
Miles, 12 ans, est un des rares garçons à avoir survécu. Sa mère, Cole, ne veut qu’une chose : élever son enfant en Afrique du Sud, chez elle, loin des États-Unis, dans un sanctuaire où il ne sera pas une source de sperme, un esclave sexuel ou un fils de substitution.
Traquée par Billie, son implacable sœur, Cole n’a d’autre choix pour protéger son fils que de le travestir.
À l’autre bout des États-Unis un bateau pour Le Cap les attend.
Le temps est compté.

Avis : La première chose à laquelle j’ai pensé en lisant Afterland, c’est à Y le dernier homme. Un virus, le HCV, y a décimé la majorité des hommes. Au contraire du comics, cela ne s’est pas fait d’un coup brusque, au même moment, mais avec horreur, lenteur et douleur : les hommes touchés développent un cancer de la prostate aussi fulgurant que violent.

C’est dans ce contexte post-apo que Cole, Dev et leur jeune fils de 12 ans, Miles, se sont retrouvés coincés en Amérique lors d’une visite familiale. Puis Dev est mort. Et Cole n’a eu alors plus qu’une idée : rentrer chez elle en Afrique du Sud, ramener son fils bien portant dans la sécurité de son pays et des siens. Seulement voilà, les frontières sont désormais fermées et Miles est devenu une « ressource nationale ».

Lauren Beukes imagine ici un monde qui tenterait de se reformer après une pandémie mondiale (eh oui, nous sommes cernés). Un monde qui doit se réorganiser, la plupart des infrastructures et des postes de pouvoir ayant été tenus par des hommes, et se réapproprier les savoirs pour à nouveau fonctionner correctement. Un monde en perte de repères désormais dirigé par une junte militaire – en tout cas les États-Unis. Et au milieu de ce foutoir, elle pose le personnage d’une mère prête à tout pour son enfant, qui va traîner son fils à travers le pays afin de le ramener chez eux.

Elle dessine le portrait d’une femme aux abois, perdue, qui vient de perdre l’homme de sa vie, cernée de toute part et qui ne sait plus à qui faire confiance. Une femme qui puise la force de continuer dans son amour pour son enfant. Et celui de cet enfant, tout aussi perdu que sa mère, qui ne comprend pas ce qui se passe et qui tente désespérément de se raccrocher aux branches qu’on lui tend sur sa route – même lorsque ce sont des branches pourries. À travers eux, c’est une myriade d’émotions que transmet l’autrice : peur, courage, honte, culpabilité, amour, folie

Je suis une grande fan de Lauren Beukes, de son originalité. J’étais ravie de la « revoir » après tant d’années, son précédent roman, Les monstres (gros coup de cœur) datant de 2015. Et j’ai vraiment passé un bon moment avec Afterland (même si je sature des pandémies !). C’est un bon roman, prenant, avec des portraits forts, tout en palier de tension. Pourtant, je ne peux me défaire d’un léger sentiment de déception, tout d’abord car ce n’est pas un polar fantastique comme ses 2 précédents romans – genre qui a ma préférence – et ensuite car malgré tout, j’ai trouvé que c’était le plus classique de ses écrits.

Roman publié aux éditions Albin Michel (Imaginaire) – Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Laurent Philibet-Caillat

abc imaginaire 2022

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