L’échiquier du mal / Dan Simmons

L’échiquier du mal / Dan Simmons

couverture du roman L'échiquier du mal de Dan Simmons

Dans les replis du pouvoir se cachent une poignée d’êtres qui jouissent du Talent. Dans l’ombre, ils murmurent à l’oreille des puissants, déclenchent des guerres et tuent sans se salir les mains. Des vampires psychiques qui se livrent à une partie d’échecs barbare où les hommes ne sont que des pions. Saul Laski a été l’une de leur victime, en 1942, alors qu’il se trouvait dans un camp d’extermination. Il a réussi à fuir, marqué dans sa chair et son esprit par l’expérience de la Talent, et s’est juré de retrouver son bourreau, l’Oberst. Après quarante ans de traque, des meurtres inexpliqués en Caroline du Sud le mettent enfin sur la piste de l’ancien nazi. Accompagné de Natalie Preston, une jeune femme à la recherche des assassins de son père, il n’a jamais été si près du but.
Mais les marionnettes peuvent-elles rompre leurs fils ?

Avis : Dans sa préface, Bernard Minier explique qu’il n’aime pas trop le titre français, qu’il lui préfère l’original, Carrion Comfort. Je pense quant à moi, que l’expression L’échiquier du mal est parfaitement choisie. Le parallèle avec les échecs est évident tout au long de l’histoire, et à plus d’un titre, mais plus profondément, je trouve qu’il reflète l’essence du roman.

1942, camp de Chelmno. Saul Laski va y croise la route d’un jeune Oberst, Wilhelm von Borchert. Cette rencontre va changer sa vie, la conditionner. Peut-être même plus que son passage dans les camps de la mort nazis. 1980, Charleston. Le massacre de plusieurs personnes va relancer le « jeu ». C’est le début d’une histoire faite de morts, de violence, de drames ; mais aussi de courage, de force et de survie.

Dans L’échiquier du mal, Dan Simmons imagine que certaines personnes bénéficient du Talent. Elles sont fort peu nombreuses, mais elles l’utilisent pour faire le mal, toujours. Elles ont la capacité, non pas d’influencer, mais bien de prendre le contrôle, total et entier, de l’esprit et du corps des personnes qu’elles côtoient. Ce sont des vampires psychiques. L’Oberst de Saul en est un, tout comme certaines personnes haut placées dans la sphère du pouvoir américaine.

C’est un vrai jeu de massacre que dessine l’auteur. Les personnages n’ont parfois l’air que de pions face aux manigances des puissants. Des pions qui vont tenter, tant bien que mal, de faire barrage, de changer le cours de cette partie qui les dépasse, dans des enjeux et une stratégie d’envergure.

Simmons nous promène de l’enfer des camps à la douceur du Sud, des banlieues tenues par les gangs de Philadelphie au désert d’Israël. Le récit est prenant, tentaculaire, noir. Roman choral, de nombreux chapitres se placent du point de vue des différents vampires psychiques, ce qui influe sur l’atmosphère du roman. C’est froid, malsain et dérangeant.

Réflexion sur la violence, la justice, le pouvoir et la nature du mal, L’échiquier du mal est un roman d’horreur terriblement réaliste.

Les monstres ne meurent pas, il faut les tuer.

Roman publié aux éditions Pocket – Traduit par Jean-Daniel Brèque
Prix British Fantasy 1989, Prix Bram Stoker 1989, Prix Locus 1990.

Lire aussi l’avis de Mana

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