Une idée d’incandescence / Naël Legrand

Une idée d’incandescence / Naël Legrand

couverture du roman Une idée d'incandescence de Naël Legrand

Lorsqu’Absinthe Cattel s’engage dans la milice de Drak, elle ne s’attend pas à tomber sur une équipe de bras cassés. Accueillie par le déroutant capitaine Merlange, elle est chargée de mener l’enquête dans l’une des maisons de passe de la ville. Pour la jeune femme, qui a eu maille à partir avec la guilde des Travailleuses – et surtout avec l’une de ses employées –, c’est le pire endroit où être dépêchée. Car Liliane, sincère et flamboyante, est bien plus difficile à affronter que le quotidien absurde de la milice…

Avis : Une idée d’incandescence est un roman déjanté, hilarant, et profond. Naël Legrand utilise les lois bizarres de Arawin pour nous faire passer des messages de justice et de tolérance mais aussi nous faire rire.

Absinthe Cattel, la nouvelle recrue de la Milice de Drak, (rien de moins que la capitale du crime organisé), commence ses rondes sous les ordres du Capitaine Gabriel Merlange. Lui-même sous les ordres du Seigneur Amfer qui gère la cité. Absinthe a déserté l’armée et sait donc se servir d’armes. Mais elle fuit aussi la guilde des Travailleuses où elle était employée comme videuse, jusqu’à ce qu’elle commette un « crime horrible » : elle a couché avec une des travailleuses (du sexe), Liliane. Ce qui est très mal vu : d’abord parce que c’est mélanger le travail et le plaisir, mais surtout car les homosexuels sont conspués.

Ce qu’il faut savoir de Drak tient en deux lignes : « Le pouvoir municipal doit rester en bons termes avec les principaux détenteurs de pouvoirs thaumaturgiques des environs » et aussi bien sûr, avec les guildes riches : guilde des voleurs, guilde des mendiants, et guildes des assassins notamment.

Il y a donc de la magie et de la violence dans ce monde pas si différent du nôtre. Où beaucoup ont finalement « moins peur des truands des Quartiers que de ceux qui tirent les ficelles depuis les Tours de Brume ». (Évasion fiscale ça vous parle ?)

La magie prête souvent à décaler le propos de Naël Legrand. Et fait montre d’un goût pour l’absurde remarquable. Ainsi la tour qui abrite la Milice a une « position au croisement de 2 courants d’énergie magique [qui en fait] un lieu hautement instable, de son paillasson guidé par des instincts prédateurs à sa plomberie littéralement fuyante ».

Et les notes de bas de pages sont hilarantes, comme dans beaucoup d’œuvres que j’ai lues récemment : les tomes 1 et 2 des Énigmes de l’aube ou le royaume de Flonck. C’est un vrai plus.

Les personnages ne sont pas en reste : un chat-garou, un vampire, des mages, des étudiants mages (qui ne peuvent faire de sort de protection qu’une fois par jour !!!), des escrocs repentis en miliciens dont le capitaine qui apprend à ses troupes à crocheter une serrure, des fantômes à Nexus, la ville sous la ville…

Et les situations et prises de position sont passionnantes et pleines de suspense : prise entre deux feu, Absinthe doit trouver une solution viable pour pouvoir vivre vraiment. Et, pris lui aussi entre deux environnements et désirs dangereux, le capitaine Merlange va-t-il réussir son coup de poker ?

Une idée d’incandescence fut une délicieuse surprise malgré sa fin un peu trop « happy end » pour moi. Mais je lirai une suite ou d’autres livres de Naël Legrand avec plaisir car les idées développées et le style m’ont enthousiasmé !

Roman publié aux éditions YBY (Passages imaginaires) – Illustré par Mistéxpi

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