Les petits vieux n’ont pas dit leur dernier mot / Jean-Louis Serrano

Les petits vieux n’ont pas dit leur dernier mot / Jean-Louis Serrano

couverture du roman Les petits vieux n'ont pas dit leur dernier mot de Jean-Louis Serrano

À 90 ans, Pierre a bien mérité de couler des jours heureux. Mais dans sa maison de retraite, il n’y a aucune chance que ça arrive ! Maria, l’horrible femme de ménage, lui en fait voir de toutes les couleurs ainsi qu’aux autres pensionnaires. Entre insultes et humiliations, les petits vieux n’en peuvent plus. Alors quand Maria est retrouvée assassinée après avoir été poussée dans l’escalier, les soupçons se portent immédiatement sur Pierre. Après tout, c’était lui son principal souffre-douleur et, avec son Alzheimer, qui sait de quoi il est capable ? L’inspecteur « Moustache », chargé de l’affaire, n’est pas très futé. Alors, les petits vieux décident de prendre l’enquête en mains. Et Dieu que c’est drôle d’aller fouiner dans les vilains petits secrets des uns et des autres… une vraie seconde jeunesse. Attention, ça va décoiffer, le gang des petits vieux en déambulateurs n’a pas dit son dernier mot !

Avis : Les petits vieux n’ont pas dit leur dernier mot devrait plaire car il parle de ce sujet tabou qu’est la fin de vie, ici en Ehpad (autre petit nom des maisons de retraite) sur un ton drôle, touchant et avec une petite touche d’enquête policière.

En effet, Maria, la bête noire des résidents des Pinsons vient d’être retrouvée morte dans les escaliers. C’était leur tyrannique femme de ménage. Pierre, Adrien, “Mike Brant” et Pauline sont aussitôt soupçonnés car ce sont des rigolos et des opposants, et donc ses souffre-douleurs préférés.

Mais entre oublis volontaires et perte de mémoires dues à Alzeimer, l’enquêteur Loigeron, surnommé Moustache par les résidents, qui est chargé de cette affaire, va en voir des vertes et des pas mûres. Le directeur et l’infirmière en chef, Sonia, ne seront pas non plus au bout de leurs surprises.

Jean-Louis Serrano brosse un portrait en demi-teinte de cet établissement de retraite. C’est un des atouts de Les petits vieux n’ont pas dit leur dernier mot. Sans fard et sans pathos, il décrit la perte d’autonomie, la perte de repères, la tristesse mais aussi les liens qui se tissent encore à un certain âge et dans des conditions particulières. C’est drôle, touchant et inspirant.

Pour ce qui est de l’histoire policière en elle-même, ce fut trop long à se mettre en place pour moi. L’auteur s’est trop appesanti sur les manifestations de méchanceté de Maria (ce qui n’est pas toujours prouvé). C’est seulement aux deux tiers du livre que le rythme décolle.

Mais heureusement, les paragraphes sur les souvenirs de Pierre (pendant la deuxième guerre mondiale avec sa femme et son frère), sur les moments de partage avec ce fou d’Adrien ou de tendresse devant la vitre avec Pauline, sont de vraies bulles de plaisir à lire. Et de véritables prises de conscience de ce moment bien particulier de nos vies. Que l’on préfère d’habitude ne pas voir…

Une prise de parole sous couvert de divertissement, situé en Isère, avec des personnages attachants, espiègles et retords, une plongée dans la deuxième guerre mondiale et un suspense léger mais plaisant, j’espère que l’auteur n’a pas dit son dernier mot avec ce livre!

Roman publié aux éditions City

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