Résine / Ane Riel

Résine / Ane Riel

couverture du roman résine de ane riel

Une presqu’île, aux confins d’un pays du Nord. C’est là que vit la famille Haarder, dans un isolement total. Jens a hérité de son père la passion des arbres, et surtout du liquide précieux qui coule dans leurs veines – la résine, aux capacités de préservation étonnantes. Alors que le malheur ne cesse de frapper à la porte des Haarder, Jens, obsédé par l’idée de protéger sa famille contre le monde extérieur qui n’est pour lui que danger et hostilité, va peu à peu se barricader, bâtir autour de la maison une véritable forteresse, composée d’un capharnaüm d’objets trouvés ou mis au rebut, et séquestrer sa femme et sa fille. Du fond de la benne où il l’a confinée, Liv observe son père sombrer dans la folie – mais l’amour aveugle qu’elle lui porte va faire d’elle la complice de ses actes de plus en plus barbares, jusqu’au point de non-retour.

Avis : Mais quel étrange et terrifiant roman ! Cette pauvre petite gamine piégée dans cette maison de fous… Résine va vous faire découvrir une héroïne à vous briser le cœur !

La chambre blanche était plongée dans l’obscurité quand mon père a tué ma grand-mère.

L’écriture incisive d’Ane Riel capte dès les premières lignes, en nous plongeant au cœur de la folie qui règne dans la famille Haarder. C’est Liv qui raconte, avec un détachement presque clinique, sa vie sur la presqu’ile de la Tête, loin du village où tout le monde la croit morte de toute façon. Isolée, avec comme seul repère les prismes dévoyés d’un père adoré, elle n’aura que son cœur pur et son courage pour faire face à une situation de plus en plus instable.

Cette histoire a tout de l’horreur, mais celle-ci tient de la tragédie humaine et non du fantastique. Après cette introduction fracassante, l’autrice revient sur un temps où tout n’était pas si noir. Ou la vie était encore douce et pleine d’aventures pour une petite fille. Où son père lui apprenait le secret des arbres et les propriétés de leur résine, à pêcher, à tirer à l’arc… Où son obsession pour l’accumulation compulsive d’objets et sa peur viscérale de l’extérieur n’avait pas encore totalement noyé sa famille.

Après avoir légèrement relâché ses griffes, la tension revient, plus forte, car la folie est inéluctable et l’engrenage fatal. Et c’est les yeux agrandis par l’appréhension qu’on continue à tourner les pages, plus vite, inquiet et terrifié de ce qui pourrait arriver…

Un roman qui tape fort jusqu’à la dernière phrase.

Roman publié aux éditions du Seuil (Cadre noir) – Traduit du danois par Terje Sinding

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