La Vallée / Bernard Minier

La Vallée / Bernard Minier

Couverture de La Vallée de Bernard Minier

Martin Servaz, Tome 6

« Je crois que quelqu’un est en train d’agir comme s’il se prenait pour Dieu… »
Un appel au secours au milieu de la nuit. Une vallée coupée du monde. Une abbaye pleine de secrets. Une forêt mystérieuse. Une série de meurtres épouvantables. Une population terrifiée qui veut se faire justice. Un corbeau qui accuse. Une communauté au bord du chaos. Une nouvelle enquête de Martin Servaz.

Avis : Ce qui commençait (comme toujours avec la saga de Martin Servaz), avec un meurtre violent et incompréhensible, se poursuit de façon majestueuse avec un huis clos. Car une explosion a coupé la route d’une vallée des Pyrénées. Et le meurtrier est parmi les coincés.

J’ai beaucoup aimé retrouver Bernard Minier qui m’avait un peu déçu avec son M, le bord de l’abime. Surtout car le personnage principal ne m’avait pas émue. Alors que Servaz est un flic complexe et ici, il n’est même pas en service car il est en instance de passage au conseil de discipline. Une épreuve qui pourrait bien lui couter sa place mais aussi sa retraite et tout son avenir, déjà assombri par la maladie de Gustav, le fils qu’il a sauvé dans Nuit.

Bernard Minier, dans La Vallée, revient aux bases. En effet, ce qui rend ses romans addictifs, ce sont la noirceur, les doubles jeux et la psychologie. Pour la noirceur, il a tapé dans le mille entre des enfants qui subissent les pires violences et la société qui se délite sur fond de lutte : lutte des classes, luttes de pouvoir, luttes de croyances…
Pour les doubles jeux, encore une fois, c’est carton plein. Que peut bien relier un abbé et une psychiatre ? Qui peut retenir prisonnière une femme (et est-ce bien Marianne son premier amour ?) pendant 8 ans ? Qui a des raisons de prendre en otage des habitants d’une vallée perdue des Pyrénées ? Pour la psychologie, Bernard Minier est encore une fois un génie ! Il rappelle les différents affects des suspects en quelques lignes. Il arrive à mettre au jour ceux de Servaz ou de certains des personnages principaux sans que cela soit simpliste ou cousu de fil blanc. Enfin, les rebondissements sont spectaculaires et « le glauque de tous les opus précédents réunis » n’arrivent même pas la cheville de ce que les enquêteurs vont découvrir dans cette vallée !

Avec ce 6e opus de la saga Servaz, j’ai retrouvé le plaisir de lire du Bernard Minier. Il m’a toutefois manqué Espérandieu que l’on entend seulement au téléphone quelques fois et Samira Cheung qui n’est que citée. Heureusement, on retrouve Irene Ziegler. La Vallée est malgré ces petits défauts, une réussite pour moi.
Donc une 7e tome me tenterait bien, mais un stand alone de la qualité d’Une putain d’histoire serait encore mieux !!!! À bon entendeur Mr Minier !

Roman publié aux éditions XO

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