Interview des éditions Argyll

Interview des éditions Argyll

Bonjour ! Aujourd’hui nous nous retrouvons pour parler, non pas d’un roman ou d’une œuvre, mais d’une toute nouvelle maison d’édition ! Ce sont les jeunes éditions Argyll qui nous font le plaisir de répondre à quelques questions et nous dévoiler leur projet !

  • Qui êtes-vous ? Pouvez-vous nous présenter les toutes jeunes éditions Argyll ?

Nous sommes effectivement une toute nouvelle maison d’édition qui s’est formée autour de quatre associés, Xavier Dollo, Simon Pinel, Frédéric Hugot et Xavier Collette. Nous sommes tous très complémentaires. Par exemple Xavier Collette s’occupe de notre partie graphique, Frédéric de la fabrication des livres numériques. Simon et Xavier D. s’occupent davantage de la vie éditoriale ainsi que du reste de projet qui comprend une librairie* et un incubateur de projets. Car l’entreprise a décidé de se lancer en économie solidaire et sociale, et de lancer un écosystème qui se veut plus juste, plus éthique que ce que l’on voit habituellement dans le monde du livre. On est à l’opposé exact de certaines maisons à compte d’auteur pour donner une bonne image de ce que l’on veut proposer.

  • Une économie en ESS qu’est-ce que cela signifie concrètement ? En quoi cela va-t-il impacter votre travail d’éditeur ?

Comme on le disait, une économie solidaire et sociale implique de penser et réfléchir aux questions qui nous rapprochent de l’humain. Quand nous aurons notre librairie, les lecteurices seront mis au cœur du projet, par des biais participatifs, collaboratifs. L’incubateur de projets culturels, liés au livre, que nous lancerons, va dans ce sens. Nous voulons, à notre échelle, aider les gens à retrouver le sens de vrais rapports, du contact, de l’interrelation. Avec la maison d’édition, l’auteurice est là au cœur du projet. Nous instaurons un type de contrat relativement révolutionnaire qui met l’auteur dans une position qui devrait toujours être la sienne : celle du créateur, du pourvoyeur de la matière première. Ainsi, tout est fait dans notre contrat pour que ce soit l’auteurice qui choisisse ce qu’il souhaite et comment il souhaite collaborer avec nous. Nos pourcentages seront aussi plus élevés que la moyenne : 12%. C’était le mieux qu’on puisse faire à notre modeste niveau.

  • Pourquoi avoir choisi Argyll comme nom ? Y a-t-il une signification particulière ?

Oui, Argyll a plusieurs significations : d’abord Argyll est une autobiographie, d’un auteur que l’on apprécie particulièrement pour son oeuvre humaniste : Theodore Sturgeon. Ensuite, Argyll est une région d’Écosse, et on le sait… c’est un pays qui apporte beaucoup à l’imaginaire collectif ! Enfin, le jeu avec Argyll/Argile, la matière première qui permet de créer… voilà un peu le pourquoi d’Argyll.

  • Quelle sera votre ligne éditoriale ?

Imaginaire, mais aussi polar et historique. Ou tout cela mélangé. Toutefois, on souhaite des textes qui utilisent dans leur intrigue de vrais réflexions sociales, sociétales. Des livres avec de bonnes histoires qui réfléchissent le(s) monde(s). Qualité d’écriture, qualité des personnages, nous serons très exigeants. Point de séries ou de sagas. Que des one shot autant que possible, mais on se refuse pas totalement l’idée d’une bonne série.

  • Combien de titres prévoyez-vous de publier par an ?

6 à 8. Mais 6 de préférence. On ne veut surtout pas surproduire.

  • Francophone et/ou traduction ? Comment allez-vous choisir vos manuscrits ?

Les deux. Nous avons une vision globale de ces littératures. Nous pensons que ces genres de récits ne peuvent pas exister sans le passé, et nous pensons que le passé a besoin du présent et du futur. Nous voulons donc donner une vision globale de ces genres en publiant des textes modernes, francophones ou étrangers, mais aussi plus anciens, car celles et ceux qui ont écrit, dans un passé proche ou un peu plus lointain ont encore beaucoup de choses à dire sur le monde d’aujourd’hui. C’est frappant, par exemple, avec l’auteur anglais Richard Cowper, dont nous allons publier Le crépuscule de Briareus en mars prochain. Un grand grand roman.

  • Format papier et/ou numérique ? J’imagine les 2, puisque vous avez un spécialiste dans l’équipe 😉

Exactement, les deux. Nous ne sommes surtout pas fermés au numérique. Chaque lecteur doit pouvoir bénéficier de son confort de lecture favori, avec la même qualité éditoriale.

  • Ce n’est pas téméraire aujourd’hui en France de lancer une nouvelle ME alors qu’on ne parle que de surproduction et qu’on entend partout que le monde du livre va mal ? Qu’est-ce qui vous a décidé malgré cet environnement incertain ?

Je pense que la réponse à cette question est incluse dans les réponses, plus haut. C’est une envie que nous avons de repenser le monde, de l’écrire ou le décrire différemment, car demain a besoin d’être différent, c’est pour nous une certitude. Le monde du livre est notre cœur de cible car c’est notre cœur de passion, tout simplement. Nous croyons, avec l’expérience acquise au fil des années, que de nouveaux modèles sont possibles et, surtout, indispensables si nous ne voulons pas continuer d’aller à tombeau ouvert dans le mur sociétal que l’on entrevoit.

  • Pouvez-vous nous mettre l’eau à la bouche, en nous parlant un peu des textes que vous prévoyez pour 2021, ou est-ce trop tôt ?

Eh bien j’ai déjà parlé un peu du Crépuscule de Briareus, de l’Anglais Richard Cowper. C’est au auteur humaniste, qui n’a eu de cesse de repenser le monde avec d’autres modèles de fonctionnement possible. C’est ce que décrit ce roman avec, en plus, cette idée peu exploitée dans la littérature de science-fiction : quelle est la place de l’artiste, du poète, dans la société ? Ce roman va bouleverser les lecteurices, nous en sommes certains. Quant à Trackés de Christophe Nicolas, voilà un thriller qui décape la surface de notre société avec une puissance rare. Une fois passé le nuage de poussière, il donne la vision d’un monde en train de se fourvoyer, entre GAFAM et violences policière, société de contrôle et capitalisme vérolé. C’est aussi un vrai thriller, avec des personnages aux abois, drôlement humains, vrais, qui traversent une intrigue à couper le souffle. On hâte de vous le faire découvrir. Tout comme Le crépuscule de Briareus, Trackés sortira le 18 mars 2021 en librairie ! Enfin, il nous faut dire un petit mot sur le diamant brut de notre fin d’année. Ce magnifique roman s’appelle La Monture et est l’œuvre d’une autrice américaine remarquable, encensée par Ursula Le Guin notamment : Carol Emshwiller. Sous ce drôle de patronyme se cache une grande dame de la science-fiction américaine, qui a débuté dans les années 1950 dans les magazines US, et qui publia ses premiers romans alors qu’elle approchait des 70 ans ! Son écriture est une mécanique d’une précision remarquable, d’une beauté étrange et saisissante. Ainsi, La Monture imagine un futur dans lequel, sur Terre, l’humanité est devenu un simple animal, tel le cheval, qui sert de monture à des aliens herbivores, les Hoots, installés depuis longtemps sur notre monde. L’histoire est celle d’un jeune homme, un pur-sang, endoctriné dès son plus jeune âge pour obéir aux Hoots. Pourtant, dans les montagnes, il va faire la connaissance de son père, qui lui, cherche à rétablir une humanité à qui l’on reconnaît son statut d’être pensant. La Monture est un très grand livre, lauréat du prix Philip K. Dick, qui traite de l’interrelation, et du rapport que nous, humains, avons nous-même avec les animaux.

  • Sur quels réseaux les futurs lecteurs peuvent-ils vous trouver et suivre votre actualité ? Un site internet ?

On nous retrouve sur Facebook, Twitter, et Instagram. Notre site internet arrive en décembre : www.argyll.fr

Merci !

*Ouverture prévue à Rennes à l’horizon automne 2021.

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