Reine de beauté / Amy K. Green

Reine de beauté / Amy K. Green

Couverture de Reine de beauté d'Amy K. GreenLa communauté de Wrenton, dans le Maine, est sous le choc : le corps de Jenny Kennedy, reine de beauté de treize ans, vient d’être retrouvé à l’orée des bois, dans une chemise de nuit rose, un bouquet de fleurs à la main.
Le coupable ? Tous désignent un garçon simplet, fervent amateur de concours de miss. Seule Virginia, la demi-sœur de la victime, récuse cet avis. Si elle détestait sa cadette presque autant qu’elle déteste la famille parfaite recomposée par son père, elle n’en connaissait pas moins les secrets troubles de la belle adolescente. Des secrets qui les unissaient malgré elles… Pourquoi remuer le passé quand tout le monde semble s’accorder sur un coupable ? Pourquoi prendre le risque de souffrir, encore ? Mais Virginia veut savoir. À tout prix. Quitte à révéler le vice sous la blancheur des façades à bardeaux blancs de ce village paisible. Quitte à pénétrer sur le terrain de chasse du plus terrible des prédateurs…

Avis : Avide d’une ambiance glauque, dérangeante, sans langue de bois ? L’écriture et l’intrigue montée par Amy K. Green sont faites pour vous !

Pourtant, Reine de beauté a un côté finalement très classique : un meurtre effroyable, une petite ville paisible bouleversée, une famille, aux apparences sans histoires trompeuses, dont l’événement met au jour les secrets les plus sombres, un personnage principal qui joue les justiciers tout en réglant ses problèmes personnels.

C’est sans compter l’aspect psychologique qui est l’atout principal de ce roman ! Chapitre après chapitre, on alterne entre la quête de vérité de Virginia, la grande soeur, entre rédemption et renaissance, et les jours précédents le meurtre, racontés par la victime, Jenny. Moi qui pensait découvrir et évoluer dans le monde des concours de beauté, j’avais tout faux. Ce monde est uniquement un lien entre différents protagonistes et évoqué pour une scène post-drame. Parfaits opposées l’une de l’autre sur le papier, Virginia et Jenny sont finalement bien plus unies que par les liens de sang. Elles ont toutes deux une enfance complexe, entre une mère qui ne remplit pas son rôle et un père absent la semaine et qu’elles ont l’impression de continuellement décevoir. Elles connaissent des premiers amours qui sont bien trop compliqués pour de jeunes ados et elles ont une bien piètre estime d’elles-mêmes.

L’enquête n’est pas le centre de l’intrigue et on finit par la reléguer nous-même au second plan au fil des pages. Mais le twist final nous ramène à la réalité, la résolution du meurtre, même si notre centre d’intérêt avait plutôt dévié vers la quête rédemptrice de Virginia. On s’attache à son humour sarcastique, à sa petite vie bordélique sans queue ni-tête, à notre envie de la secouer pour la raisonner et la réveiller en lui disant que ça va aller et qu’elle peut être maître de son destin. Et puis, on en apprend plus sur elle, on mesure l’ampleur du traumatisme qui la hante, qu’elle peine à identifier parce qu’elle ne veut pas voir cette réalité, même si, au fond d’elle, elle sait. Elle tente de retisser les liens de cette famille décousue et parvient alors à faire émerger la vérité sur les circonstances de la mort de sa petite sœur.

Décortiquer les apparences et mettre en évidence les faux-semblants, une recette réussie pour ce thriller addictif ! 

Reine de beauté est un roman publié aux éditions Belfond – Traduit de l’américain par Sarah Tardy.

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