Tel Aviv suspects / Liad Shoham

Tel Aviv suspects / Liad Shoham

couverture du roman Tel aviv suspects de Liad Shoham

Dans un quartier sans histoire de Tel-Aviv, le viol d’une jeune fille met la police en émoi. Pas d’indices, pas de témoins, pas de suspects. Le père de la victime décide de mener sa propre enquête, jusqu’à identifier Ziv Névo comme le coupable. L’affaire serait sur le point d’être classée, sans les doutes du vieil inspecteur Élie Nahoum. Pourquoi Névo refuse-t-il de s’exprimer ? Qui veut-il protéger par son silence ? Le père aurait-il pu forcer sa fille à accuser un innocent ? Entre le policier et le suspect commence un duel sous haute tension, qui va attirer dans son ballet de faux-semblants un jeune avocat idéaliste, le bras droit d’un boss de la mafia et un reporter prêt à tout pour décrocher le scoop de sa vie. Quand un deuxième viol est commis, la quête de la vérité devient une affaire de vie ou de mort…

Avis : Après Unité 8200, je me suis fait plaisir avec un autre auteur israélien, mais toujours dans le thriller/policier/politique. Ce Tel Aviv suspects fait le job, mais n’est pas suffisamment complexe pour se qualifier d’une note parfaite.

Est-ce parce qu’il commence par un viol ?
Est-ce parce que je me suis doutée des enchaînements ?
Ou parce que la fin est un peu trop « happy end » pour moi ?

Pourtant, les personnages sont assez fouillés. Le flic aux méthodes anciennes, Elie Nahoum, n’est pas l’homme fini que l’on veut bien jeter à la curée des reporters. Ziv Névo n’est pas le beauf que l’on imagine quand on voit à quoi sa vie est réduite. Et les femmes ne sont pas des potiches, ni des victimes. Même celles qui le sont de viols, réussissent à s’imposer dans l’enquête et à résister à l’envie de dénoncer le coupable tout trouvé qu’on leur a dégoté. Quant à la procureure ou à l’avocate, elles non plus ne se laissent pas marcher sur les escarpins… Les flics, eux, ne sont pas vus comme des sauveurs, ni comme des bureaucrates. La justice n’est pas parfaite, mais elle n’est pas non plus trop corrompue. Les journalistes sont par contre un peu vilipendés. Donc, Liad Shoham a fait du bon boulot sur ses personnages.

L’histoire partait bien. Enfin assez mal pour la victime du viol, mais bien pour le suspense de savoir qui a commis cette atrocité. Le père de la victime veut jouer au héros, Ziv Néro est là pour un autre crime qu’il s’apprête à commettre et donc le quiproquo de son arrestation est en place. Le fait que la mafia soit surement derrière tout ça, est une bonne continuation pour le suspense et pour durcir le trait. Mais, et c’est là où le bât blesse : j’avoue ne jamais avoir vraiment eu peur pour Ziv et sa famille, ou pour Elie, le flic. Alors les rebondissements sont assez bien amenés, mais pas assez noirs peut-être. Et du coup, si on ne tremble pas pour les personnages, le suspense à moins d’intérêt.

La vision de la police, de la justice et du monde des journalistes est, par contre, je pense, assez bien décrite et apporte quand même du grain à moudre au lecteur. Comme dans Unité 8200, j’ai bien aimé la pression que peut mettre la bureaucratie sur ses employés, la bataille entre justice et police, et ici dans Tel Aviv Suspects, comment les journalistes jouent leurs rôles de contre-pouvoir lorsqu’ils ne se laissent pas aller qu’au scoop.

Bref il m’a manqué un petit quelque chose en plus pour que la sauce prenne vraiment. C’est quand même un super bon livre de plage, quoi…

Roman publié aux éditions 10/18 – Traduit de l’hébreu par Jean-Luc Allouche

2 comments

    • lisou

      je suis un peu dur avec lui, car je pense que j’ai eu trop de livres excellents avant. celui là est juste un peu moins bien …. essaie et tu me diras! j’attend ton retour avec impatience.

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