Le manteau de neige / Nicolas Leclerc

Le manteau de neige / Nicolas Leclerc

Couverture de Le manteau de neige de Nicolas Leclerc

Depuis sa plus tendre enfance, Katia subit les affres de l’haptophobie, une maladie qui empêche tout contact physique. Mais le jour où sa grand-mère, pourtant catatonique depuis plus de trente ans, assassine sauvagement son propre mari au plus profond des montagnes du Haut-Doubs, son existence bascule : en suivant ses parents dans l’antique ferme familiale, des visions effroyables l’assaillent. Katia est aussitôt persuadée qu’elle est harcelée par des fantômes, tandis que sa mère, Laura, est convaincue que c’est sa phobie qui provoque ces hallucinations et qu’elle devient sans doute schizophrène. Les nombreux médecins, puis les guérisseurs auxquels elles font appel semblent impuissants. Et l’état de Katia se dégrade à vue d’oeil.
La jeune femme, aidée par Laura, va devoir percer le mystère qui ronge sa famille et affronter ses propres tourments pour se libérer d’une emprise terrifiante.

Avis : Nicolas Leclerc signe avec Le manteau de neige un premier roman fulgurant. Moi, qui ne suis pas forcément fan des histoires de fantômes, je me suis trouvée happée dans ce thriller paranormal fabuleux.

Les personnages sont bien fouillés. Katia, l’ado haptophobe et qui se découvre médium, est une jeune fille qui, si elle se montre parfois faible, sait aussi ce qu’elle veut et essaie de défendre ses intérêts ou ceux de sa famille. Laura, sa mère, a également des coups de mou quand elle ne croit pas sa fille. Saura-t-elle reconnaitre ses torts ? Son père, Alexandre, a contrario, soutient sa fille au risque de perdre Laura. Les personnages annexes ont-ils une part d’ombre ? Caroline, la chasseuse de poltergeist est-elle vraiment une alliée ? Et l’oncle de Caroline, lui aussi médium, serait-il jaloux de sa nièce ? Et qui sont les deux personnages qui hantent Katia : cette figure féminine rousse et cette ombre violente masculine ? Et que sait sa grande tante ou les vieux messieurs taiseux de cette région ?

Le rythme et l’ambiance de ce roman sont très bien construits et c’est inouï de force, de violence (très très glauque) et d’émotions. Quand ce ne sont pas les visions qui perturbent Katia, c’est sa maladie qui l’empêche de vivre sa vie. Les émotions des parents, entre amour et désespoir, reflètent bien cet âge ingrat. Et tout s’enroule autour de cette ferme perdue dans le Haut Doubs, au milieu de cette forêt froide et sombre. Le manteau de neige fait appel à nos pires cauchemars mais avec un fond de vérité historique (deuxième guerre mondiale) ou actuel (serial killer). Ce qui rend la lecture encore plus addictive. L’angoisse pour Katia, de se savoir en prise avec l’au-delà sans pouvoir toujours y résister, m’a bouleversée. Et c’est un des ressorts le plus réussi de ce thriller : l’empathie que l’on a pour elle.

Le suspense est bien mené et Nicolas Leclerc nous entraine sur des fausses pistes bien malgré nous. Il sait endormir notre méfiance et la découverte du-pourquoi-du-comment est vraiment glaçante.
Enfin, la couverture est superbe.

Le manteau de neige m’a fait froid dans le dos mais un froid grisant ;).

Roman publié aux éditions du Seuil

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