Le pouvoir des ténèbres / John Connolly

Le pouvoir des ténèbres / John Connolly

couverture du roman le pouvoir des tenebres de john connollyCharlie Parker, Tome 3

Hanté par la mort violente de sa femme et de sa fille, Charlie Parker est bien décidé à mener une paisible carrière de détective privé. Pourtant, lorsque l’on retrouve le corps sans vie de Grace Peltier, dont la thèse portait sur la secte d’Arrostock, il ne peut croire au suicide et mène sa propre enquête. Il découvre alors que la secte n’a peut-être pas été entièrement décimée.

Avis : Qu’est-ce que c’est bon de replonger dans un univers que l’on aime ! Avec Le pouvoir de ténèbres, l’univers de Charlie Parker est au meilleur. Il est avec Rachel (par opposition aux derniers livres et on a même droit à une excellente surprise à la fin. On a de multiples découvertes macabres et des tueurs particulièrement inhumains. Et bien sûr, cerise sur le gâteau, il y a toujours l’humour de Parker, mais aussi celui de Louis et Angel, tueurs à gage/cambrioleur gays. Bref, un superbe opus.

Car la noirceur est bien au rendez-vous. Des gars du BTP découvrent une fosse commune là où il ne devrait pas y en avoir. Et cela parait lié à une ancienne secte du Maine. Mais pas que. Il semblerait que l’ombre du Voyageur (celui qui a tué la femme et la fille de Parker) s’étire jusque-là. Et de plus, une ancienne connaissance de Parker qui vient de se suicider, aurait peut-être été aidée… Parker devra aussi nager dans les méandres des associations et églises qui œuvrent contre le droit à l’IVG ou les droits des gays. C’est foutrement bien foutu et c’est malheureusement toujours d’actualité alors que Le pouvoir des ténèbres date de 2001.

Mais la vraie noirceur, est surtout du côté de la société qui laisse faire des propagandes fausses et dangereuses sur le droit à l’avortement, ou qui permet à des prédicateurs de prendre dans leur filets des gens perdus. Et de tous ceux qui s’en repaissent. Ainsi que du côté de la jalousie et des conventions qui rendent certains fourbes. Et la noirceur suprême de l’inégalité des pauvres face aux riches est ici également bien mise en valeur.

Comme toujours, les méchants sont multiples, féroces et plus que vicieux. En effet, la toile d’araignée sur la couverture, n’est pas là pour rien. L’un des médecins « avorteur » est tué par des araignées qu’on lui met dans la bouche. Moi qui suit un peu (beaucoup ?) arachnophobe, je n’ouvrais le livre qu’avec des frissons, car sait-on jamais, une des araignées pouvait s’être glissée entre les pages… Beurk ! Et il y a le choix : la violoniste dont la piqûre nécrose la peau dans une douleur atroce, les venins qui vous tuent lentement, les recluses qui pondent partout et vite… Mais ne vous inquiétez pas, il y en aura pour tous les gouts, car il est aussi question de pendus, de suicidés par balle et de crucifiés !

Et si ces méchants-là sont particulièrement malsains, ils n’en sont pas moins très forts. Du Golem (le tueur à gage des juifs) qui arrive pourtant à prendre de court Louis (ce qui n’est pas peu dire), ils s’en rendront maître et même la mafia n’ose qu’avec des pincettes leur mettre des bâtons dans les roues. Bref ils sont vraiment sans foi ni loi, ou pas les bonnes…

Au-delà du plaisir de retrouver un auteur génial, une « patte » plaisante et des personnages qui sont trépidants, j’ai beaucoup aimé retrouver le côté paranormal des esprits qui entourent Charlie Parker. John Connolly arrive toujours à rendre ceux-ci tendres et sains, alors qu’il leur manque des bouts de corps et qu’ils devraient être en colère et monstrueux. Ici, c’est un petit garçon avec une pancarte notée « pécheur » autour du cou… L’humour m’a semblé encore plus présent que dans d’autres tomes et c’est toujours un bonheur de voir Charlie chambrer Angel ou Louis et en retour leur réparties sont truculentes. J’enchainerai donc bientôt et avec plaisir, sur Le baiser de Caïn, le quatrième opus de sa série avec Charlie Parker. En espérant, que ma phobie des araignées ne sera pas réactivée dans celui-ci…

Roman publié aux éditions Presses de la cité – Traduit de l’anglais par Jacques Martinache

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