La tempête qui vient / James Ellroy

La tempête qui vient / James Ellroy

couverture du roman la tempete qui vint de james ellroy

Le second quatuor de Los Angeles, Tome 2

Janvier 1942 : Los Angeles est encore sous le choc de l’attaque de Pearl Harbour, les Américains d’origine japonaise sont massivement arrêtés, des pluies torrentielles s’abattent sur la ville, et un corps est découvert dans Griffith Park à la faveur d’un glissement de terrain.
Les flics du LAPD n’y voient qu’une affaire de routine. Ils ont tort. C’est un signe avant-coureur du chaos.

Avis : Cela faisait trèèès longtemps que j’avais envie de découvrir James Ellroy, Le dahlia noir surtout. Alors, lorsque j’ai eu l’occasion de lire son dernier roman, La tempête qui vient, j’ai sauté dessus. Et… quel choc, quelle claque ! Je dois dire que je ne m’attendais pas du tout à ça !

Tout d’abord, le style. Saccadé, brut, touffu. Entièrement écrit au présent. Qui n’hésite pas à employer des termes crus ou argotiques, et qui interpelle le lecteur parfois. Et des répétitions, beaucoup de répétitions. Puis le propos. Noir, noir comme l’enfer qui s’abat sur le monde avec la 2nde guerre mondiale. Corruption, violence, nazisme, braquage, espionnage, drogue… La morale s’est fait la malle et le chaos règne. « C’est la guerre » ne cessent de répéter les protagonistes de cette fresque dangereuse et survoltée, comme une excuse pour lâcher la bride à leurs plus bas instincts. La tempête qui vient, ce n’est pas un roman policier, c’est un roman de gangster !

Il n’y a que des anti-héros dans ce roman. Ils sont tous plus tarés les uns que les autres (désolée de l’expression), et surtout ils sont tous plus ou moins véreux à des degrés divers. Baissez le rideau mesdames et messieurs, le LAPD est corrompu jusqu’à la moelle : Hideo Ashida, petit génie de la police scientifique, la nouvelle recrue Joan Conville, le sergent Elmer Jackson, le capitaine Bill Parker et le plus fou de tous, le sergent Dudley Smith. Il y a quelque chose d’assez fascinant et d’effrayant à lire cette histoire où personnages fictifs se mêlent aux personnages réels, où petite et grande histoire se croisent et s’entrecroisent.

La tempête qui vient est la suite directe de Perfida alors autant vous dire que j’ai au début été larguée sur pas mal de points. Si on me demande, je dirais que dans cette série il vaut mieux commencer par le 1er. Le pire c’est que normalement je fais partie de ces gens psychorigides qui n’aiment pas lire dans le désordre, mais j’essaie de me soigner, et surtout je ne me rendais pas compte que les 2 étaient si étroitement liés.

Complexe, grandiose et décadent. Épique. Tragique. La tempête qui vient ne peut laisser le lecteur indifférent. Je suis au taquet pour le 3e volet, et j’ai encore plus envie de lire Le dahlia noir !

Ooga-booga.

Cette affaire n’a jamais eu de sens, et elle n’en aura jamais. Il y a trop de tenants et d’aboutissants, et elle remonte trop loin. Elle n’est pas censée en avoir.

Roman publié aux éditions Rivages (Noir) – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Aslanides et Jean-Paul Gratias

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