Dans l’ombre de Paris / Morgan of Glencoe

Dans l’ombre de Paris / Morgan of Glencoe

couverture du roman dans l ombre de paris de morgan of glencoe

« Depuis des siècles, les humains traitent les fées, dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.
Lorsque la princesse Yuri reçoit une lettre de son père lui enjoignant de quitter le Japon pour le rejoindre, elle s’empresse d’obéir. Mais à son arrivée, elle découvre avec stupeur qu’elle a été promise à l’héritier du trône de France ! Dès lors, sa vie semble toute tracée… jusqu’à ce qu’une femme lui propose un choix : rester et devenir ce que la société attend d’elle ou partir avec cette seule promesse : « on vous trouvera, et on vous aidera. »
Et si ce « on » était la dernière personne que Yuri pouvait imaginer ? »

Avis : Non seulement, Dans l’ombre de Paris est un livre-objet magnifique, mais c’est une histoire belle et emblématique !

Dans un monde du dessus régi par la noblesse (rois et reines à Paris et au Japon, sultan dans le moyen orient), les inégalités sont légions. Selon leurs règles :
– les femmes sont des petites choses fragiles qu’il faut protéger, mais qui ne sont que des potiches,
– les pauvres sont des « demi-êtres » répugnants, corvéables à merci,
– les fées sont des animaux dangereux que les humains utilisent comme bon leur semble (combats, hybridation…)
– les nobles pas assez riches, ne sont jamais bien acceptés,
– les Keltiens, peuple encore libre (qui n’appartient pas à la triade Japon-France-Sultanat) sont des rustres,
– enfin, les Rails ont leurs propres règles mais sont peu considérés hors des trains…
Par opposition à ce monde il existe donc, le monde des Rats. Ce peuple vit dans les égouts de Paris et tente de vivre le plus justement possible, sans mettre personne au-dessus des autres. Les Rats sont des humains, des Fées ou des Rails qui ont fui le monde du dessus, pour diverses raisons mais qui se sentent en adéquation avec les règles justes du sous-sol.

J’ai été tout de suite emportée par l’histoire de cette jeune princesse, Yuri-Hime. Son père, le seigneur Japonais Nekohaima, l’instruit sur les agissements de la noblesse et de la triade car il est ambassadeur et qu’elle devra tenir son rang en grandissant, mais aussi sur celui de la plèbe. Notamment en l’emmenant, alors qu’elle n’a qu’une douzaine d’années, voir un combat de fées : un Aeling contre une Selkie. Ce prologue est énormissime car il contient tout ce qui fait que Dans l’ombre de Paris m’a plu. Il y a :
– de l’action (le combat des Fées est vraiment grandiose),
– cette injustice criante dont j’ai déjà parlé,
– la vision dichotomique du monde qu’a Yuri-Hime car elle est noble et pourtant, elle a de la peine pour la Selkie qui est une moins que rien à ses yeux. Et cette vision est bien analysée par Morgan of Glencoe qui nous la rend facile et utile à appréhender pour la suite mais aussi pour notre propre décodage de la société actuelle,
– un monde fantastique fait de feux follets, de bardes, de fée d’eau et des forêts, de force de la nature redoutable,
– une uchronie avec un monde du 17éme siècle qui est toujours régenté par un roi en France mais avec un train à grande vitesse, et des costumes d’époques,
– un changement dans notre paradigme : les rats sont certes recherchés et vivent sous terre, mais ils vivent libres et ont créé un ordre différent, et c’est assez gai pour être souligné,
– un féminisme sain et bien exprimé,
– des rebondissements à tous les chapitres voire à tous les inter-chapitres.

Tout cela crée un heureux dépaysement et un rythme fou ! J’ai vraiment eu du mal à lâcher ce roman. Je ne peux rien décrire d’autre que le prologue car cela gâcherait trop de surprises. Mais je peux vous dire que j’attends la suite avec impatience et remercie énormément Morgan of Glencoe pour cette excellente lecture.

Roman publié aux éditions ActuSF (Naos)

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