Le triomphe des ténèbres / Giacometti & Ravenne

Le triomphe des ténèbres / Giacometti & Ravenne

Couverture de Le triomphe des ténèbres, le tome 1 de Soleil noir, de Giacometti Ravenne

Soleil Noir, Tome 1

1938. Dans une Europe au bord de l’abîme, une organisation nazie, l’Ahnenerbe, pille des lieux sacrés à travers le monde. Elle cherche des trésors aux pouvoirs obscurs destinés à établir le règne millénaire du Troisième Reich. Son maître, Himmler, envoie des SS fouiller un sanctuaire tibétain dans une vallée oubliée de l’Himalaya. Il se rend lui-même en Espagne, dans un monastère, pour trouver un tableau énigmatique. De quelle puissance ancienne les nazis croient-ils détenir la clé ? À Londres, Churchill découvre que la guerre contre l’Allemagne sera aussi celle, spirituelle, de la lumière contre les ténèbres.

Avis : Non seulement, le bandeau du livre (« Entre Indiana Jones et John le Carré ») n’est pas mensonger mais Le triomphe des ténèbres est vraiment un livre passionnant au niveau historique.

L’on y suit trois ou quatre personnages inventés mais aussi des poids lourds de cette période comme Hitler et sa clique, (dont Himmler et son gout pour l’ésotérisme), Churchill ou Silvio Trentin, un résistant de Toulouse. Et enfin, il y a au moins un personnage, la blonde Erika von Essling qui dérive d’un personnage historique, Erika Trautmann.

Parmi les personnages inventés, il y a Weistort, un SS (dire brutal serait redondant) qui est en charge de l’Ahnenerbe, un institut universitaire crée par Himmler pour prouver que la race aryenne, non seulement existe, mais qu’elle est supérieure aux autres. Ce personnage est assez important car il cristallise la haine de Mallorley, un agent anglais du SOE (deuxième service secret de l’Angleterre). Ses deux personnages, antagonistes sur bien des points, sont aussi retords l’un que l’autre quand il s’agit de défendre leurs pays et leurs croyances. Le duel est un des bons ressorts littéraires dans Le triomphe des ténèbres. L’autre ressort romanesque est le duo. Et qui plus est, duo plus ou moins improbable : ainsi on a Tristan et un groupe de résistants, puis Tristan et Weistort, ou Mallorley et Jane (une très jeune espionne franco-anglaise) puis Mallorley et Laure (une aristo française).

J’ai beaucoup aimé le personnage de Tristan qui est ambivalent au possible. Bien que côtoyant la Mort plusieurs fois, il reste fort et fait preuve de pragmatisme dans ses allégeances. Il sait garder son humour et en joue beaucoup. Mallorley est aussi un personnage prenant de ce premier tome de la saga du Soleil noir. Il est du côté des bons et il croit tellement en sa théorie, qu’il quitte son fauteuil relativement protégé de Londres pour aller sur le terrain en France. Et si ses méthodes ne sont pas toujours classiques, il n’en reste pas moins un homme droit dans ses bottes. Weistort est le pendant mauvais de Mallorley puisqu’il se place du côté obscur… de la guerre. Il est puissant et radicalisé et apporte du dynamisme à l’histoire.

Les femmes ne sont pas en reste puisque il y en a trois : Laure, Jane et Erika. Parlons de Laure, la française qui pense que son père est un vendu à Pétain. Elle essaie de défendre ses terres contre l’envahisseur SS. Elle est forte mais elle a aussi des fêlures. Jane est quant à elle une espionne qui doit jouer la femme de Mallorley et qui le désarçonne souvent. Elle a autant d’humour que Tristan et c’est bienvenu avec toutes les horreurs qu’on lit. Car enfin, on le sait bien la deuxième guerre mondiale n’a pas été une partie de plaisir mais les exactions des allemands ou de la milice française, en vrai, couchée sur le papier, c’est glaçant. Enfin, Erika qui, si elle est allemande, n’est pas aussi nazie qu’elle espère le faire croire car dans le monde du national-socialisme, il ne faut pas déroger à la règle… Tirera-t-elle son épingle du jeu ?

Le duo d’écrivains de choc, Giacometti et Ravenne, m’a enthousiasmée. J’ai adoré le rythme, j’ai eu plaisir à lire leurs explications sur leurs recherches et sur leur travail d’écriture car il y a quelques pages informatives en début et en fin d’ouvrage.

Je n’ai par contre pas lu les deux chapitres du tome suivant qui sont annexées dans Le triomphe des ténèbres… J’ai trop peur de devoir courir acheter la suite tout de suite si je le fais… 😉 Mais j’attends avec impatience que La nuit du mal (tome 2 de la saga du soleil noir) sorte en poche… car il y a tout ce que j’aime dans ce roman-là !

Roman publié aux éditions Le livre de poche

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