Salut à toi ô mon frère / Marin Ledun

Salut à toi ô mon frère / Marin Ledun

couverture du roman salut a toi o mon frere de marin ledun

La fantasque tribu Mabille-Pons : Charles, clerc de notaire pacifiste, Adélaïde, infirmière anarchiste et excentrique, et six enfants dont trois adoptés. Le quotidien comme la bourrasque d’une fantaisie bien peu militaire.
Jusqu’à ce 20 mars 2017 où Gus, le petit dernier, manque à l’appel. L’incurable gentil a disparu et est accusé du braquage d’un bureau de tabac de Tournon. Branle-bas de combat ! Il faut faire grappe, fourbir les armes des faibles, défaire le racisme ordinaire de la petite ville bien mal pensante, lutter pour le droit au désordre, mobiliser pour innocenter Gus, lui ô notre frère.

Avis : Salut à toi, ami lecteur, ami blogueur ou ami tout court. Il te faut sans attendre lire Marin Ledun et ce polar déjanté qu’est Salut à toi ô mon frère.

Il y a de l’intelligence dans le rire et de la morgue dans le ton de cette famille atypique. Et le choix de prendre pour héroïne Rose, l’ainée des filles de la famille a été à la source de mon plaisir immense à lire ce roman policier décalé et mené tambour battant.

Que dire d’autre ? Ah oui, Rose a 21 ans, a étudié la littérature et anime des ateliers lecture de poésies ou de classique dans le salon de coiffure de son amie. Elle est payé en coupe de cheveux et en livres (il y a de l’idée et j’avoue, c’est vraiment tentant de me lancer dans cette aventure). Elle est gothique et porte des t-shirt à messages très marrants. Elle va devoir choisir entre sa famille, qui évidemment déteste les flics, et l’inspecteur Personne (ce nom vaut de superbes jeux de mot) dont les yeux verts pêche (si si, après avoir lu ce roman policier, vous aussi vous trouverez non seulement que c’est une couleur, mais qu’en plus c’est une couleur magnifique…).

Je peux aussi dire que dans la tribu Mabille-Pons, il n’y a pas que Rose qui vaut le détour.
Adélaïde, la mère, est une femme de convictions et n’hésite pas à faire une grève de la fin pour faire sortir son fils, Gus, de garde à vue. Gustave sert de bouc émissaire de la ville de Tournon. Avec sa gueule de Colombien (il est adopté), il se fait toujours alpaguer dès qu’il y a un délit de commis. Le père, Charles, est le tendre de cette famille, et il est en train de passer son diplôme de Notaire. Les frères et soeurs sont, qui nonchalant, qui bûcheur, qui boulanger… et parfois tout ça en même temps !!! Mais ce qui anime cette famille originale (et allons même jusqu’à foutraque), c’est la justice ! Justice sociale, justice médicale, justice tout court… Ainsi, le racisme ordinaire est épinglé, mais suivent aussi l’Amour, les nantis, les incultes…

La fin n’est pas des plus originales mais le chemin pour y arriver est grandiose. Et malgré tout, c’est émouvant et bien pensé, ainsi que drôle. Ce qui est déjà pas si mal.

Salut à toi ô mon frère est brillant et fustige notre société de façon intelligente. C’est pour moi un grand honneur et plaisir de rajouter Marin Ledun sur ma liste des auteurs que je vais suivre avec attention (et surtout récupérer mon retard car il a écrit plus de 20 livres dont un Poulpe, ça va être top !) et en plus il est de l’Ardèche…

Roman publié aux éditions J’ai lu

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