Grenoble Parano / Sylvain Pettinotti

Grenoble Parano / Sylvain Pettinotti

couverture du roman grenoble parano de sylvain pettinotiLe procès d’Henri Brun a été un véritable fiasco pour Téo Lambert. Après la rupture de son couple et la mise à mal de sa carrière d’avocat, Téo a décidé de changer de vie. Il vit maintenant dans un bungalow et passe ses soirées à boire grâce à l’argent qu’il gagne en livrant des pizzas.
Un soir, il passe la nuit avec une fille et celle-ci est découverte morte dès le lendemain. Accusé du meurtre de Fathia, il est recherché par la police mais pas seulement. Depuis quelques jours, deux brutes le suivent partout car leur patron tient à ce qu’il s’occupe en personne d’une affaire véreuse. C’est aussi le moment que choisit Henri Brun pour se rappeler à son bon souvenir, après dix ans passés en hôpital psychiatrique.

Avis : Grenoble parano avait pour premier titre Putain d’vie et c’est exactement ce qu’on ressent en lisant ce foutrement, diaboliquement noir polar. Mais quelle vie pourrie est en train de subir Téo Lambert !

C’est un roman policier de grande qualité : on y trouve des flics qui ne sont pas des super héros, un loser qui fait son petit effet sur les femmes, une enquête dans l’enquête, la belle région de Grenoble qui offre ses paysages plus ou moins grandioses à cette histoire triste et choc, et surtout une fin qui m’a estomaquée !

Le vocabulaire est celui de notre loser, Téo. Il est malpoli, grossier même, et violent autant dans ses mots que dans ses actes. Lui qui essaie d’oublier le barreau (il était avocat) livre maintenant des pizzas. Il vit dans un mobil-home dans un camping et boit trop. Divorcé de Sandrine, il sort le soir pour trouver quelqu’un avec qui coucher. Il a une fille, Héloïse, qu’il ne voit qu’un week-end sur deux. Il s’est retiré des affaires parce que l’une d’elle lui a laissé un gout amer.

En effet, il n’a pas cru son dernier client, Mr Brun, lorsqu’il clamait son innocence du meurtre d’un maghrébin dont il était accusé. Et il l’a fait interner pour qu’il n’écope pas de trop de prison. Mais celui-ci lui a gardé rancune de ne pas l’avoir cru et lui a promis de revenir se venger. Et Téo en a gardé une impossibilité de plaider.

Les réparties sont du style du poulpe, ce qui m’a bien fait rire. Il y a des scènes anthologiques comme de voir une ancienne prostituée énorme et assez vieille qui dévoile son sexe rasé en tombant à la renverse, ou des bagarres qui finissent toujours avec ses opposants qui se tiennent le nez qui, bien évidement pisse le sang… Il y a aussi du sexe, avec Fathia au début, puis dans l’imagination de Téo, et surtout dans les scènes chaudes avec Grazia, la bonne bi d’un couple de vieux riches.

Pour ce qui est de l’enquête dans l’enquête, Mr Brun, sorti de l’hôpital psychiatrique, demande des comptes à son ancien avocat. Il le somme de le laver de tous soupçons. Téo doit donc rouvrir cette ancienne affaire, mais aussi se cacher puisqu’il est recherché pour le meurtre de Fathia. Très vite pourtant, il y a un enchevêtrement de pistes et Téo se rend compte qu’il a aussi affaire à deux hommes de mains qu’il pensait liés à Mr Brun, mais vont se révéler être proches d’un de ses anciens camarades de colonie de vacances.

Les policiers ne sont pas des chiens fous, ni des enquêteurs bodybuildés ni des ripoux, ils essaient juste de faire correctement leur travail. Et ils sont envoyés sur la piste de Téo par des indices laissés par quelqu’un qui lui en veut.

Tout ce petit monde est en fait mené par le bout du nez par deux marionnettistes virtuoses. Je n’en dis pas plus, le passé est boueux et le présent guère plus présentable… mais le suspense est bien au rendez-vous !

Les paysages sont un clin d’œil pour les grenoblois et ceux des environs, cela fait plaisir et m’a permis de m’immerger encore plus dans ce roman policier. On sillonne le bassin grenoblois en vespa avec Téo et c’est super !

Et enfin, une fin noire à souhait qui m’a sonnée. On est loin des happy end et c’est tant mieux ! Le grand final est caustique et dérangeant dans notre univers parfois un peu trop mignonnet, cela fait du bien.

Vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement Grenoble Parano !

Roman publié aux éditions Ravet-Anceau

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