Coeur d’ acier / Brandon Sanderson

Coeur d’ acier / Brandon Sanderson

Quatrième de couverture : À Newcago, un Épique appelé Cœur d’Acier s’est emparé du pouvoir. On le dit invincible : aucune balle ne peut le blesser, aucune épée trancher sa peau, aucune explosion le détruire. Seuls les Redresseurs, un groupe d’humains ordinaires qui ont consacré leur vie à étudier les Épiques afin de découvrir leur point faible, lui résistent.
David Charleston a dix-huit ans. Quand Cœur d’Acier est arrivé à Newcago, il a tué son père. Depuis des années, David rêve de se venger, et il possède quelque chose dont les Redresseurs ont besoin… Le jeune homme a vu l’impossible : il a vu saigner Cœur d’Acier.

Avis : L’avantage lorsque l’on nous prévient qu’un livre est décevant, c’est que l’on ne s’attend à rien et que l’on a donc moins de chances d’être déçu. C’est ce qui s’est passé pour moi ici. Ce nouveau roman n’a en effet rien à voir avec Fils-des-brumes. Le public visé n’est pas le même et nous ne sommes pas sur le même degré de profondeur, d’intensité ou de complexité, mais l’auteur nous propose tout de même un récit bien divertissant.

David, le héros, est un personnage sympathique. Il a passé les dix dernières années, soit plus de la moitié de sa vie, à observer les Épiques pour tenter de découvrir leurs faiblesses et mettre au point le plan qui lui permettra d’assouvir sa vengeance sur Cœur d’acier, l’Épique qui a tué son père. Sa rencontre avec les Redresseurs, dernier groupe tentant de résister face aux oppresseurs, lui permettra de tenter de réaliser son vœu, mais aussi de se raccrocher aux autres. L’équipe, que l’auteur a dotée de traits de caractère distinctifs, afin de les rendre sympathiques ou intrigants, le fait sortir de sa solitude. La romance est d’ailleurs mignonnette.

Le rythme est soutenu et le récit dynamique. Certaines choses sont prévisibles et d’autres m’ont complètement prise au dépourvu. Et pourtant il y avait des indices ! Mais c’est un roman également très visuel. Il est facile de comprendre pourquoi il est en passe d’être adapté au cinéma. Décors (ville d’acier), combats et course-poursuites spectaculaires sont dignes d’être filmés.

Newcago est une ville corrompue, dont les habitants ont abandonné tout espoir. Pourtant, le ton employé est assez léger et souvent plein d’humour. Bien que le récit soit clairement adapté pour correspondre à un public jeune, je pense qu’il aurait été renforcé d’être plus noir. Cependant, les parallèles étant faciles à établir avec Fils-des-brumes, je me demande si ce choix n’est pas délibéré de la part de l’auteur ?

La plupart du temps, les personnes dotées de superpouvoirs sont perçues comme des héros. Le contre-pied que prend ici Brandon Sanderson est intéressant. Le pouvoir corrompt, au point de faire des hommes qui le possèdent des êtres mauvais, cruels et avides de domination. Toutefois, à peine plus de 300 pages ne permettent de développer ni les personnages, ni la profondeur du background. Tous les points essentiels afin de ne pas en faire un roman creux sont marqués, mais le pitch aurait mérité des approfondissements. Peut-être l’auteur les réservent-ils pour les tomes suivants ?

Un point m’a toutefois beaucoup déçue, c’est la fin. C’est un retournement de situation inattendu, et même bien vu, mais qui vient non seulement détruire l’émotion éprouvée précédemment, mais également les développements que l’auteur avait apporté et que l’on trouve habituellement dans les récits plus adulte. Cela reste néanmoins un roman qui a été agréable à lire et je pense lire la suite si elle venait à être publiée.

Roman publié aux éditions Orbit – Traduit par Mélanie Fazi 
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