Lorsqu’une lettre anonyme arrive au Clarendon Dictionary, équivalent britannique du Dictionnaire de l’Académie Française, c’est un choc. Le courrier dénonce un meurtre, resté inexpliqué depuis des années. Pas n’importe lequel : celui de la sœur de Martha, la rédactrice en chef du dictionnaire. Hantée par cette disparition, Martha décide de mener l’enquête avec son groupe de lexicographes. Bientôt, d’autres lettres arrivent, livrant à l’équipe des indices dissimulés derrière des jeux de mots et des calembours irrésistibles pour ces amoureux du langage. Des révélations éclatent et des masques tombent. Martha découvre que sa sœur dissimulait de lourds secrets et qu’elle n’était pas la femme parfaite qu’elle idéalisait. Mais dans l’ombre, quelqu’un s’acharne à vouloir garder ces secrets bien enfouis. Quitte à éliminer tous ceux qui s’approcheraient de la vérité…
Avis : Amoureux des mots ?! Férus d’énigmes ?! Coupable par définition est fait pour vous !
Si la 4ème de couverture nous vante une héroïne troublée, en quête de vérité et errant sur le chemin de la guérison après avoir tragiquement perdu sa sœur, on est dupé ! Susie Dent nous intègre à une équipe. D’abord collègue, surtout amis, nos férus des mots, employés du célèbre Clarendon Dictionary, mettent quelques temps de côté leur quête lexicographiques et leurs définitions pointues de mots oubliés pour se consacrer à ce qu’ils prennent d’abord comme un courrier d’un lecteur mécontent. Ce Chorus les guide finalement vers une disparition non élucidée, celle de Charlie, sœur d’une des employées, lexicographe prometteuse et toujours couronnée de succès. Disparition ? Meurtre ? Fugue ? Chorus sème des indices, honnêtement indéchiffrables pour moi. Mais quel plaisir d’assister au raisonnement ingénieux de l’équipe !
Un roman à double hélice. Sauf que, contrairement au célèbre escalier, les hélices finissent par se rencontrer et se mêler. Susie Dent nous plonge dans l’amour des mots, leurs histoires, le doute que peut semer leurs multiples sens (j’avoue, faut souvent s’accrocher pour comprendre le sens et le raisonnement!) dans un décor shakespearien. Elle manie aussi bien les mots que l’intrigue d’un roman policier. Si la majeure partie du livre est consacré à la réception des lettres, leur déchiffrage et la rencontre avec les personnes auxquelles elles mènent, le rythme s’accélère 100 pages avant la fin, comme nos battements de cœur et sans impression de rush. Petit plus pour les mots sortis des limbes (en anglais, of course!) et leur sens qui ouvrent les chapitres.
Roman publié aux éditions City – Traduit de l’anglais par Benoîte Dauvergne.











