Soleils de sang / Christophe Ferré

Soleils de sang / Christophe Ferré

couverture du roman Soleils de sang de Christophe Ferré

Au petit matin, Juliette Carpenter se réveille sur une plage de la Côte d’Azur, l’esprit embrumé. Où est-elle ? Que fait-elle là ? Peu à peu, des bribes de souvenirs lui reviennent : la veille, Flavia, sa mère, fêtait ses 45 ans entourée des siens. Et soudain, la réunion de famille a viré au carnage. Tout semble accuser Flavia, qui a disparu… Mais pourquoi une mère assassinerait-elle ses proches ? Et pourquoi Juliette a-t-elle été épargnée ? Comme l’instruction piétine, la jeune femme décide de mener l’enquête. Quitte à déterrer les secrets d’une famille en apparence sans histoire…

Avis : À l’intrigue alléchante, du “qui a pu faire un si horrible massacre lors d’un anniversaire, ce moment si magique et important dans nos vies?” (image bien photogénique du sang éclaboussant la belle Charlotte aux fraises), Soleils de sang donne comme réponse une enquête menée par la seule rescapée de ce drame (familial semble-t-il), Juliette Carpenter. Elle mène cette enquête parallèlement aux équipes du juge d’instruction, Loiseau.

La quatrième de couverture en dévoile par ailleurs beaucoup (trop ?). Puisque ce n’est qu’à la 72e page que l’on est censé être sûr que c’est bien la mère, Flavia, qui manque : elle ne fait pas partie des corps et n’a pas été retrouvée sur une plage à plus de 100km comme Juliette. Étrange pour un thriller, non ? D’annoncer des infos primordiales en 4ème de couv’…

Pourtant, il y en a des pistes et des secrets : Dorian l’oncle jalousé ; l’amant ; les coucheries ; l’accident du grand père Luis, que la grand-mère, Isabel impute à son petit-fils, Valentin ; l’argent joué au casino ; les amis qui n’en sont peut-être pas ; le passé des grands parents qui ont fui le régime Argentin… et tout s’enchainerait bien s’il n’y avait cette Juliette, pardon, mais tellement cruche. Qui passe de la confiance la plus totale à la parano sans raison, qui croit des inconnus (un pompier rencontré le jour même… ah ok il est beau, et alors ?). Et enfin, dont les raisonnements ne sont pas toujours logiques. Elle semble ballotter vers celle/celui qui parle en dernier…

À l’exception donc, de ce personnage, les rebondissements s’enchaînent bien. L’alternance entre les découvertes de Loiseau et celles de Juliette tient vraiment en haleine. Le rythme est en revanche trop haché avec des chapitres qui n’en sont pas (moins d’une page ou deux parfois, sans titre, sans logique dans le découpage, c’en est à se demander si ce n’est pas pour avoir plus de pages au final…)

Comme pour La petite fille du phare, du même auteur, Soleils de sang pêche donc pour moi, par son incapacité à rendre sympathique son héroïne. Et ici, il me l’a même rendu totalement antipathique. Comme je n’ai vu aucun Hitchcock, et que Christophe Ferré est fan et dédie ce livre aux films de ce réalisateur, peut-être est-ce normal ? Les héroïnes de ces films ne sont-elles pas des “belles poupées glacées” livrées aux vilains et dépendantes d’un mâle ? * Si oui, alors ce livre est un bel hommage !!!

Et pour nous lecteur, c’est une lecture simple même si à rebondissements, avec une révélation du passé intéressante mais une fin “happy end” qui m’a dégoutée.

Roman publié aux éditions l’Archipel (Suspense)
* (Désolée, je sais, je juge sans savoir. Je devrai regarder “Le passé ne meurt pas”, “Sueurs froides”, “La main au collet” ou “la Mort aux trousses” dont l’auteur parle dans ses remerciements pour pouvoir vraiment juger.)

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