Marlène / Hanni Münzer

Marlène / Hanni Münzer

Couverture de Marlène d'Hanni Munzer

Une femme face à l’hydre nazie.Qui est la véritable Marlène ? La veuve d’un notable connu pour ses sympathies nazies ? Une actrice en devenir ? Une résistante ?Munich, juillet 1944. Marlène se tient face à la maison bombardée de son amie Deborah et de son frère Wolfgang. Pas de doute : ils sont morts. Alors, elle se souvient… D’un passé qui a fait d’elle l’une des résistantes les plus recherchées du Reich. Marlène est bientôt confrontée à la plus difficile décision de sa vie : elle a la possibilité de changer le cours de la guerre, peutêtre de sauver des millions de personnes. Mais il faut, pour cela, que l’homme qu’elle aime meure…Après Au nom de ma mère, Hanni Münzer nous fait partager dans ce deuxième roman le destin d’une femme ô combien attachante et courageuse.

Avis : Survivre. Survivre dans une Allemagne de la Seconde Guerre mondiale. Une Allemagne nazie, une Allemagne bombardée, une Allemagne des camps de concentration. Marlène survit. On le sait tout de suite, le roman ouvre sur son présent : une vieille dame, dépassée par la vie d’aujourd’hui, ses technologies et les envies des membres de sa famille qui lui semblent si futiles. Elle est encore marquée et ancrée dans ce passé tragique, douloureux, où elle est partie en croisade contre l’idéologie nazi et ses sbires. Un courage incommensurable face à une barbarie sans limite.

Le contexte historique est la force de ce roman. On est projeté avec force et réalisme dans cette Allemagne de la Seconde Guerre mondiale. Chaque recoin foulé par l’héroïne est puissamment évoqué grâce à un travail de recherches et de véracité historique colossal. On est emporté dans le tourbillon de l’histoire de Marlène qu’on croirait presque à une histoire vraie romancée. Un tel tourbillon que l’on si perd. On se perd dans les personnages. On est projeté dans l’histoire comme Harry Potter dans la pensine de Dumbledore : on ne sait que trop vaguement où on atterri, on sait qu’on doit suivre cette jeune et fougueuse jeune fille avide d’en découdre et on doit gérer un tel flux d’émotions qu’on perd pied. On a du mal à mettre bout à bout les péripéties qui s’enchaînent maladroitement tant on est perdu dans le flot d’informations et de personnages qui nous tombent littéralement dessus. Le retour au présent de Marlène se fait sans prévenir, sans que cela est parfois de rapport avec le passé évoqué dans le précédent chapitre.

On est confronté aux péripéties de Marlène, que rien ne semble abattre, que tout renforce sa détermination à se battre. On fait face au réalisme du roman quant aux atrocités de la guerre évoquées – les camps, les tortures, les conditions de vie en tant de guerre et en tant que prisonnier – au point que l’on doit le poser pour réfléchir et prendre du recul. On en vient à s’interroger sur son propre comportement en tant de guerre, sur la notion de courage mais aussi sur la place des femmes. Marlène est non seulement une femme, jeune, mais elle veut faire preuve et agit en résistante, deux statues si complexe dans ce contexte mais encore plus quand ils sont associés.

La force de ce roman n’est pas dans sa narration, un peu trop sens dessus dessous pour moi, mais dans le cadre historique qu’il mobilise et la réflexion qu’il encourage. 

Roman publié aux éditions L’Archipel – Traduit de l’allemand par Anne-Judith Descombey. 

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