Starship Troopers / Robert A. Heinlein

Starship Troopers / Robert A. Heinlein

couverture du roman Starship Troopers de Robert A. Heinlein

Pour impressionner une fille et contrarier son père, le jeune Juan Rico s’engage dans l’Infanterie mobile, le corps d’armée réputé le plus dangereux. Après tout, il n’en a que pour deux ans, et la guerre est loin, aux confins de la galaxie. Mais tandis qu’il effectue ses classes et découvre la discipline sévère d’un bataillon d’élite, le conflit prend une nouvelle dimension, et le voilà embarqué dans une série de batailles mortelles qui le transformeront à jamais.

Avis : De mes vagues souvenirs du film, il me semble que l’on n’y voit qu’une partie du propos de l’auteur. Les scènes de bataille ne sont pas ce qu’il y a à lire dans Starship troopers. Même si les araignées sont bien décrites et fichent la frousse au héros, à ses coéquipiers (et à vrai dire à moi aussi, pourtant bien calée dans mon canapé) et que les affronter est un défi effrayant et effroyable, ce n’est pas central pour Robert A. Heinlein.

Ce qui est important par contre, c’est sa vision de ce que devrait être la citoyenneté d’une part et l’humain avec son environnement d’autre part. Passons assez vite sur ce deuxième sujet. Son propos n’est pas vraiment écolo, mais juste logique : l’expansion de l’humanité sans logique nataliste est celle de tout animal, il lui faut de la place pour ses (nombreux) petits.

Pour ce qui est de la citoyenneté et de sa vision de l’État, Starship Troopers est un bijou de philosophie mais qui passe par l’expérience de l’auteur et de son vécu dans la Navy. Il nous explique sa pensée avec son personnage qui parle à la première personne. Juan Rico s’embarque dans l’infanterie mobile sous de mauvais prétextes (s’opposer à son père, impressionner une fille et suivre son meilleur ami), mais il finira par comprendre que défendre sa patrie et acquérir ainsi la citoyenneté a du sens, car on a éprouvé (parfois jusque dans sa chair) sa valeur. Juan comprendra aussi les raisons qu’ont les sergents d’être aussi méchants… et ce n’est pas juste parce que 😉 Mais bien parce que cela l’oblige à faire de son mieux et à se dépasser. Il comprendra le coût de la liberté.

Tout ceci n’est pas du tout fait sur un ton dogmatique et c’est souvent très rigolo :

Je ne doute pas qu’un gentlemen phacochère nourrisse les mêmes sentiments à l’égard d’une lady phacochère – mais, dans tous les cas, nous sommes très sincères, lui et moi.

Il y a même des moments très émouvants (voir des sergents avec des coquards mentir pour cacher des bagarres pour que leurs recrues ne soient pas punies ou lorsque Juan comprend un peu mieux ce que c’est que d’être parents). D’ailleurs, s’il y a un autre sujet qui tient à coeur à Robert A. Heinlein, c’est bien celui des générations. Il y a la passation/partage des pouvoirs entre un sergent, certes moins gradé mais avec plus d’ancienneté et qui connait mieux son équipe, que le petit jeune parachuté caporal. Il y a aussi la relation entre Juan et son père. Il y a enfin, les enseignants que ce soit dans le civil ou chez les militaires. Tous apportent quelque chose aux nouvelles générations mais cela ne doit pas faire oublier que ce sont les « petits jeunes » qui s’engagent et risquent leurs vies. »

Le message de Starship Troopers est double. A la nouvelle génération, il redit : « Engagez-vous ». Et aux moins jeunes : « Sachez reconnaitre cet engagement, et leur en savoir gré! »

Bref, j’ai été très agréablement surprise. Straship Troopers n’est pas qu’un énième livre de SF avec d’affreuses bestioles à combattre, des jet packs ultra perfectionnés et des vaisseaux intergalactiques de folie, mais bien un livre qui, sous des scènes de combat, cache une foule de belles émotions et beaucoup d’esprit.

La préface d’Ugo Bellagamba et Eric Picholle est également très instructive sur l’auteur et la période où a été écrite ce livre : 1958 aux États-Unis. C’est à dire en pleine guerre avec la Corée et avec celle contre le Vietnam qui se dessine. Deux guerres impérialistes et non pas comme lors de la deuxième Guerre mondiale, qui luttait contre les totalitarismes.

Roman publié aux éditions J’ai lu (Nouveaux Millénaires) – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Patrick Imbert

4 comments

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    Ah oui, Robert Heinlein est vraiment un auteur à lire. Il n’y a pas un seul de ses romans (nombreux) que je ne recommanderais pas — même si certains m’ont moins touché. Par contre moi je n’ai qu’une vieille édition (avec son titre français, Étoiles, garde-à-vous !) et donc je n’ai pas lu la préface que tu cites. Je vais essayer de me la dégoter !

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    Depuis que j’ai ouvert « Une porte sur l’été » (que j’ai beaucoup apprécié !), j’ai la ferme intention de m’intéresser aux autres titres de Heinlein, dont celui-ci ! Merci pour ta délicieuse chronique 🙂

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