L’ombre de la menace / Rachel Caine

L’ombre de la menace / Rachel Caine

couverture du roman l ombre de la menace de rachel caine

Stillhouse Lake, Tome 1

La vie sans histoire de Gina vole en éclats lorsque la police découvre un corps sans vie pendu dans le garage familial. Le mari de Gina est condamné à mort. Elle est acquittée. Mais l’opinion publique reste persuadée qu’elle était complice de son mari, du moins qu’elle couvrait sa folie meurtrière.
Victime de harcèlement, elle décide de fuir avec ses enfants. Mais, où qu’elle aille, quelqu’un dans l’ombre l’épie, l’obligeant sans cesse à changer d’identité et de vie. Quatre ans ont passé. Gina vit à Stillhouse Lake, où elle commence enfin à baisser la garde. Jusqu’à ce qu’un cadavre de femme soit repêché du lac…

Avis : Rachel Caine, je la connaissais par sa série d’urban fantasy young adult, Vampire city, et d’autres titres fantastiques. Alors lorsque j’ai vu qu’elle s’était mis à écrire des thrillers, j’ai été très curieuse. Et je dois dire que j’ai trouvé cette incursion très réussie, j’ai vraiment beaucoup aimé L’ombre de la menace !

Femme au foyer, Gina Royal est une bonne mère de famille, une bonne épouse. Naïve, obéissante et respectueuse. Son mari Melvin leur permet, à elle et à leurs 2 enfants, de mener une bonne vie, heureuse, facile. Jusqu’au jour où un conducteur ivre vient encastrer sa voiture dans leur garage. Jusqu’au jour où sa vie parfaite vire au cauchemar. Non, ce ne sont pas des meubles que son mari bricolait… mais des corps de femmes. Violées, tuées, dépecées.

Gwen Proctor est une femme dure, méfiante, inflexible. Préparée. Elle s’est reconstruite sur les ruines de son ancienne vie. Après avoir réchappé à une condamnation pour complicité, elle et ses enfants ont passé 4 années à fuir les Trolls d’internet qui refusent de croire en son innocence, l’appellent la « Petite Main de Mel » et n’aspirent qu’à se venger sur eux des crimes de son mari. Mais courir sans cesse, mentir, ne faire confiance à personne continue de détruire leur famille. Alors aujourd’hui ils ont posé leurs bagages dans un coin tranquille du Tennessee, sur les bords du lac Stillhouse. Malheureusement pour eux, quelqu’un a décidé qu’ils n’avaient pas droit à la paix.

Le gros point fort du roman est le climat pesant que Rachel Caine parvient à instaurer. Son héroïne est tellement stressée, qu’elle nous communique son angoisse. J’ai été tendue presque tout le long de ma lecture, attendant, comme Gwen, que le couperet tombe. Et le récit monte encore en tension au fur et à mesure que les choses se dégradent.

Le personnage de Gina/Gwen est tout aussi réussi. Elle se déteste encore plus fort que les haters qui la harcèlent, elle méprise cette femme qui n’a pas su voir la véritable nature de l’homme qu’elle avait épousé, elle étouffe de culpabilité de ne pas l’avoir empêché d’agir, de lui avoir fourni un vernis de respectabilité. C’est un personnage profondément attachant, pour lequel on n’a aucun mal à ressentir de l’empathie. On admire son courage et la force qu’il lui a fallu pour se reconstruire, sa volonté farouche de protéger ses enfants envers et contre tout. Amateurs de mère-courage, vous allez l’adorer !

L’ombre de la menace, en plus d’être un thriller prenant, met en lumière un pan qui est souvent ignoré dans ce genre d’histoires : la famille des tueurs. On s’intéresse au tueur lui-même, à ses victimes et à leurs familles, mais qu’en est-il de sa famille à lui, parents, époux, enfants qui découvrent soudain que leur être cher est un monstre ? Que deviennent-ils ? Comment vivent-ils la révélation, comment gèrent-ils l’après ? Si Gwen est un flot de haine et de colère, les émotions de ses enfants sont moins tranchées. Trop jeunes pour comprendre l’étendue de ses crimes, Melvin Royal reste leur « papa » qui les aimait.

J’ai passé un très bon moment de lecture avec L’ombre de la menace, et c’est avec grand plaisir que je lirai la suite. Car si l’intrigue sur les meurtres de Stillhouse Lake est résolue, l’histoire de Gwen Proctor, elle, est loin d’être finie…

Gina ne posait jamais de questions au sujet du garage.
Cette pensée la tiendrait éveillée des années durant en lui brûlant les paupières.

Roman publié aux éditions L’Archipel – Traduit de l’américain par Sebastian Danchin

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