Tangerine / Christine Mangan

Tangerine / Christine Mangan

Couverture de Tangerine de Christine Mangan

Tanger, 1956. Alice Shipley n’y arrive pas.
Cette violence palpable, ces rues surpeuplées, cette chaleur constante : à croire que la ville la rejette, lui veut du mal.
L’arrivée de son ancienne colocataire, Lucy, transforme son quotidien mortifère. Ses journées ne se résument plus à attendre le retour de son mari, John. Son amie lui donne la force d’affronter la ville, de sortir de son isolement.
Puis advient ce glissement, lent, insidieux. La joie des retrouvailles fait place à une sensation d’étouffement, à la certitude d’être observée. La bienveillance de Lucy, sa propre lucidité, tout semble soudain si fragile… surtout quand John disparaît.
Avec une Tanger envoûtante et sombre comme toile de fond, des personnages obsessionnels apprennent à leurs dépens la définition du mot doute.

Avis : Malgré la beauté du phrasé, j’ai eu du mal à entrer dans Tangerine. Et ensuite, j’ai eu du mal à faire comme si je ne connaissais pas cette histoire.

Il est en effet question de folie, donc on pourrait se borner et croire un temps à un dédoublement de personnalité mais il n’en est rien, et c’est à une histoire de Ripley* que l’on a affaire. La mainmise de certains personnages sur Alice fait froid dans le dos.

Alice est une riche héritière Américaine. Elle est sous tutelle car elle a déjà fait montre de sa faiblesse de tempérament et de ses tendances à la dépression. Son mari, John, l’appelle d’ailleurs sa petite Alice au pays des merveilles, sous-entendu « qui ne vit pas vraiment sur notre planète ». Lucy est son ancienne meilleure (vraiment ?) amie de l’université.

Lucy a traqué Alice jusqu’à Tanger après qu’un incident à Bennington College les ait éloignées. Le suspense que crée l’autrice sur cet évènement est bien mené. Et la tension qu’apporte l’arrivée de Lucy est bienvenue car il est question de ce mariage avec John qui ne serait pas ce qu’il faut à Alice. Et Lucy sait, elle, ce qu’il faut à Alice. L’alternance des points de vue entre les 2 femmes à chaque chapitre m’a bien plu et permet de faire progresser celui du lecteur sur l’histoire. Il faut dire que Lucy ne manque pas de ressources, et que Tanger semble une ville faite pour les magouilleurs, les resquilleurs et bien sûr… les diaboliques.

Mais que c’est lent, que c’est ampoulé, comme du Donna Tartt dont le bandeau du livre rappelle l’allégeance et cela m’a vraiment pesé. Heureusement le prologue prend tout son sens lors de l’épilogue, ce qui a sauvé ce livre pour moi. Car si l’histoire m’a semblé déjà vue, il y a ce petit twist cruel qui m’a permis de finir sur une note très positive.

Malgré le cœur du livre trop lent, je note cette écrivaine dont c’est un premier livre somme toute prometteur.

Roman publié aux éditions Harper Collins (Noir) – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Laure Manceau
* Monsieur Ripley est un roman policier de Patricia Highsmith, publié en 1955.

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