Fantômes de papier / Julia Heaberlin

Fantômes de papier / Julia Heaberlin

Couverture de Fantômes de papier de Julia Heaberlin

Elle a passé la moitié de sa vie à attendre ce moment. À s’y préparer. Aujourd’hui, elle est certaine que l’homme assis côté passager est l’assassin de sa soeur.
Depuis des années, elle ne pense qu’à ça. Elle avait douze ans lorsque sa grande soeur a disparu. Pour elle, ça ne fait pas de doute : Rachel a été enlevée, puis assassinée. Grâce à une photo retrouvée sous l’escalier du grenier familial, elle connaît même le coupable : Carl Feldman, un photographe aussi célèbre pour ses clichés que pour les accusations de meurtre dont il est ressorti blanchi. Aujourd’hui sénile, Carl Feldman vit dans un établissement adapté. Mais l’heure de la vengeance a bientôt sonné : la jeune femme est prête à tout pour le forcer à recouvrer la mémoire et faire éclater la vérité. Même à prendre l’identité de sa fi lle illégitime et à entraîner l’homme qui l’a privée de sa soeur dans un road-trip texan sur les traces d’affaires de disparition non résolues. Mais de la jeune femme sans nom au plan millimétré et du vieil homme à la mémoire peut-être pas si morcelée, qui est le plus dangereux ?

Avis : J’avais eu un gros gros coup de cœur pour le précédent roman de Julia Heaberlin, Ainsi fleurit le mal, et j’avais donc forcément beaucoup d’attentes pour ce nouveau titre… Et comme très souvent dans ces cas-là, elles ont été déçues. Alors entendons-nous bien, Fantômes de papier n’est pas un mauvais roman, il est sympathique, et même prenant par moments, mais il n’a pas eu, pour moi, la puissance et l’impact du premier.

Bien qu’offrant un road-trip à travers le Texas, le récit se déroule presque à huis-clos tant l’autrice se focalise sur ses 2 personnages : Grace, une jeune femme en quête de vérité et de justice – mais la vengeance fera aussi l’affaire – et Carl, un vieil homme largement soupçonné de plusieurs meurtres mais qui n’a jamais été condamné et qui est aujourd’hui à moitié sénile. Grace est persuadée qu’il est celui qui a enlevé et tué sa grande sœur adorée 12 ans plus tôt et c’est pour le lui faire avouer qu’elle l’entraîne dans ce périple, sur la trace des autres meurtres qu’elle le soupçonne d’avoir commis.

J’ai eu du mal avec l’héroïne. Elle est touchante, mais la manière dont elle se laisse manipuler et dominer – alors qu’elle ne cesse de vanter sa préparation physique et mentale – m’a agacée. Elle a de la chance qu’il n’ait jamais souhaité lui piquer son flingue car il n’aurait eu aucun mal à le faire. Julia Heaberlin nous présente l’enfant peureuse qu’elle était, et la manière dont la disparition de sa sœur l’a affectée et a influé sur sa vie et son comportement, mais je n’ai pas réussi à rentrer en totale empathie avec elle.

Le personnage de Carl est plus ambigu, son attitude instille le doute : est-il réellement en train de perdre la tête, sa faiblesse physique est-elle réelle, sa mémoire défaillante ? Ou tout n’est-il qu’habile simulation ?

La première partie de leur voyage se déroule lentement et a manqué de tension pour moi. Heureusement, la suite se fait plus pressante, le rythme s’accélère et l’histoire devient plus prenante. On commence également à s’interroger sur la fin, et la manière dont tout cela va bien pouvoir se terminer, sur cette vérité, cette délivrance que Grace appelle de ses vœux. Et c’est là que le bât blesse à nouveau, car j’ai trouvé la révélation finale tirée par les cheveux. Elle est pourtant bien vue car complètement inattendue, mais la manière dont elle nous est révélée ne m’a pas convaincue.

Mon journal de survie – 12 ans
Astuces pour retrouver celui qui a tué ma soeur :
1. Avoir un plan
2. Etre prête à mourir

Roman publié aux éditions Presses de la cité – Traduit par Laura Bourgeois

Lire aussi l’avis de Melliane
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2 comments

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    Je suis d’accord, c’est très différent du roman précédent. Et comme je te disais, j’avoue que sa formation, elle en parle beaucoup mais pour la mettre en application ? Bref… On est d’accord pour la fin !

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    • Zina

      Oui c’est vrai, et c’est ce que je trouve frustrant. Elle nous raconte à quel point elle s’est préparée et puis… rien. C’est lui qui mène la danse du début la fin.

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