Boréal / Sonja Delzongle

Boréal / Sonja Delzongle

couverture du roman boreal de sonja delzongleJanvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un œil énorme fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que six scientifiques en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un bœuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à une spécialiste, Luv Svendsen. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant sept hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire.
Le lendemain a lieu la première disparition.

Avis : Voici une autrice que je vais suivre de près car j’ai beaucoup aimé Boréal. Entre autre pour l’histoire dans l’histoire. Mais aussi pour le côté malsain et psychotique de ce thriller.

Il y a, en effet, des événements du passé qui vont se répercuter sur l’histoire de l’ARTICA, cette mission polaire actuelle, regroupant 6 personnes sur une base scientifique au Groenland : Akash Mouni, le cuistot réunionnais ; Atsuko Murata, la géologue Japonaise ; Dick Malte, le glaciologue ; Anita Whale, la climatologue anglaise ; Mathieu Desjours l’étudiant français qui sert de photographe, avec son chien loup Lupin ; et enfin, Roger Fergusson, le chef d’équipe Danois. On ne sait pas grand-chose de l’événement survenu il y a 50 ans, mais il serait lié à la politique.

On suit également la vie de Luv Svendsen, une scientifique activiste qui enquête sur des disparitions massives d’animaux sur toute la planète. Elle a déjà été la cible d’un attentat qui a failli la tuer ainsi que Joy, la fille qu’elle portait en elle à ce moment-là. Elle vit aujourd’hui retranchée dans un coin perdu de Norvège, avec Joy et quelque fois son mari, David, qui travaille aux États-Unis. Celui-ci ayant trop peur qu’elle ne soit toujours une cible, elle ne sort de chez elle que lorsque des cas de disparitions massives l’appellent.

Mais cette fois-ci, c’est l’accident en moto de sa première fille qui la fait accourir en Grande Bretagne où celle-ci vit avec sa compagne, Flynn. Ava est dans le coma et Luv va devoir prendre la décision d’arrêter les machines car elle est en mort cérébrale et ses organes peuvent être utiles à d’autres. Scotland Yard enquête sur la mort d’Ava car les faits semblent indiquer que l’accident n’en était pas un. L’inspecteur Green se demande si l’activisme de Luv ne serait pas à l’origine de la mort de sa fille.

Cette enquête finit par rejoindre la mission de l’ARTICA car Luv y est appelée pour enquêter sur une disparition massive de boeufs musqués sur l’indlansis, la banquise qui recouvre un immense canyon du Groenland. La disparition d’un village il y a des années, et les disparitions suspectes qui commencent chaque année vers la période de la nuit totale rendent le shériff inquiet.

Commence alors le pire cauchemar pour une expédition en terre dangereuse : ne plus faire confiance à personne, perdre pied dans l’obscurité et sentir son esprit vaciller. Un suicide est bientôt à déplorer… mais en est-ce vraiment un ? Fergusson a du tuer un ours blanc pour sauver Mathieu… l’esprit vengeur des inukshuks va-t-il frapper pour venger cet affront ? Commencent alors les disparitions des personnels de la base…

Boréal est grandiose et prenant, autant par son appel à l’aide sur ce que subit la nature par notre fait, que par ses déchainements de brutalité (impétuosité de la nature, mais surtout violence et horreur que vont subir les disparus…). C’est un livre fort et j’ai rarement vu autant de nouveauté dans le mal. Je lirai d’autres Sonja Delzongle avec grand plaisir.

Roman publié aux éditions Folio (Policier)

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