La femme du Ve / Douglas Kennedy

La femme du Ve / Douglas Kennedy

couverture du roman la femme du Ve de douglas kennedy

Derrière les lumières de la ville, là où le touriste ne s’aventure jamais s’étend le Paris occulte. Les zones d’ombre sont partout. Les ennuis jamais loin.
Xe arrondissement. Dans cette rue sordide, qui n’a de Paradis que le nom, Harry Ricks a trouvé refuge. Chassé par sa femme, rejeté par sa fille, l’universitaire américain vit un exil bien amer. Seul point de lumière dans ce cauchemar éveillé : une femme. Une rencontre qui va le hanter…

Avis : Harry est un personnage typique de Douglas Kennedy car c’est un professeur d’université à la dérive. Depuis Quitter le monde, je suis fan de cet auteur. Son écriture m’enchante et me pousse à la réflexion.

Ici, l’enchantement va encore plus loin puisqu’il s’y mêle un soupçon de fantastique. En effet, le présent sordide de Harry, faisant suite à son éviction du campus, son déclin social et sa débandade maritale, débouche sur son arrivée à Paris sans le sou et complètement malade et fiévreux. Il tombe même encore plus bas puisqu’il va devoir vivre chez un marchand de sommeil et travailler en tant que gardien de nuit dans des conditions plus que louches. Toute cette partie est passionnante et comme d’ habitude avec Douglas Kennedy, descriptive et émouvante. Les atermoiements que l’on pourrait s’attendre à lire n’en sont pas puisqu’ils sont habilement contrebalancés par le rythme rapide des situations :
– Harry reçoit l’aide d’un sans papier, Adnan, qui le conseille pour se loger moins cher qu’à l’hôtel,
– Harry rencontre une compatriote en la personne de Mme L’Herbert, cette femme qui fait salon comme au 18ème siècle…
– la rencontre décisive avec Margit, qui devient sa maîtresse… tous les 3 jours, de 17h à 20h uniquement…
– les mails qu’il échange avec sa fille, qui écrit dans le dos de sa mère…
– sa mise à l’écriture, lui, qui ne craint plus la page blanche…

La pression qui se resserre sur Harry est bien décrite et devient étouffante pour le lecteur. On veut avancer et comprendre, on veut que cela se termine car même sa fille n’est pas à l’abri des calamités qui jalonnent désormais sa vie…

La raison de ces accidents n’est pas explicite au début mais très vite le fantastique déboule et c’est superbement réussi. La surprise m’a fait me pincer pour être sûre que je ne rêvais pas. Les multiples revirements de situations sont malins et rondement menés. Et cela a contribué à rendre ma lecture de La femme du Ve galvanisante et j’irai même jusqu’à dire enivrante. On ne sait pas si cela va bien se finir et même, lorsqu’on lit la dernière page, on ne sait pas si ce qui se trame, c’est bien finir…

Dis Cédric, tu m’en prêteras d’autres des Douglas Kennedy?

Roman paru aux éditions Pocket – Traduit par Bernard Cohen

 

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