L’empire du Léopard / Emmanuel Chastellière

L’empire du Léopard / Emmanuel Chastellière

couverture de l empire du leopard de emmanuel chastelliere1870. Après une épuisante campagne militaire, le royaume du Coronado a conquis l’essentiel de la péninsule de la Lune-d’Or. Seul l’empire du Léopard, perdu dans les montagnes, lui résiste encore.
Dans l’attente des renforts promis par sa hiérarchie, le colonel Cérès Orkatz – surnommée la Salamandre – peine à assurer l’ordre sur place, la faute à un vice-roi bien intentionné mais trop faible. Dans ce monde de jungles et de brume, les colons venus faire fortune s’épuisent et meurent à petit feu, même si certains au sein du régiment espèrent toujours découvrir la mythique cité de Tichgu, qui abriterait selon les légendes locales la fontaine de Jouvence.
Alors qu’une éclipse lunaire sans pareille approche, Cérès va devoir tenter d’assurer la survie de ses hommes, au mépris peut-être de ses allégeances…

Avis : D’Emmanuel Chastellière, j’avais lu le recueil Célestopol qui m’avait fait passer un agréable moment dans sa cité lunaire étrange et funeste. Et funeste, le nouveau roman de l’auteur promettait de l’être bien plus encore. La couverture de L’empire du Léopard, superbe et attractive, annonce la couleur : son héroïne va littéralement baigner dans le sang… Comment résister à tel appel ?

On leur avait promis l’Eldorado, mais après 6 ans de luttes, les régiments du Coronado sombrent dans une apathie amère. Leurs dirigeants les ont abandonnés, la Lune d’Or n’a d’or que le nom et son sol est stérile. Et bien qu’ils aient conquis la majorité des terres de la péninsule, le Condor, un indigène à la tête d’un groupe de résistants, a entrepris un travail de sape qui finit de miner peu à peu les troupes. Pour le vice-roi Philomé, soutenu par son plus fidèle colonel, Cérès Orkatz, il ne leur reste qu’un espoir : l’empire du Léopard, un ilot de puissance caché au milieu de la jungle à propos duquel courent les plus folles légendes.

Vous avez été prévenu, l’univers présenté ici est noir, âpre et sanglant. L’auteur aborde des thèmes tels que l’injustice de la colonisation, la perte d’identité d’une culture, l’esclavage et le fanatisme. À cela s’ajoute une atmosphère travaillée avec minutie. La touffeur de la jungle, l’isolement de la Lune d’Or, la rébellion des natifs créent une certaine sensation d’oppression. Si la première partie suit la vie d’un régiment en campagne, Emmanuel Chastellière y introduit aussi par petites touches subtiles un sentiment d’angoisse diffuse, la pression de l’attente. Les choses vont mal tourner, c’est inéluctable.

Que ce soit le format nouvelle qui ne lui permettait pas de déployer tout son talent ou non, l’écriture d’Emmanuel Chastellière a pour moi gagné en maturité. Le roman est non seulement extrêmement bien écrit, mais nous sommes ici dans un récit de haute volée, riche dans sa structure et ses thèmes et qui offre en plus un dépaysement bienvenu dans l’univers de la fantasy française. L’empire du Léopard est une jolie brique de 625 pages qui souffre néanmoins de longueurs, l’action se fait trop attendre et le récit aurait gagné à être plus nerveux.

La narration alterne les points de vue, mais le principal reste celui du colonel Orkatz. Une femme, mais une militaire avant tout, qui a gagné le respect et la confiance de ses hommes. Nous suivons également Camellia, une jeune indigène qui a renié sa culture pour intégrer le régiment de Cérès. Son parcours est à l’image de la colonisation, noir et tragique. D’autres personnages gravitent autour d’elles, membres de la compagnie, mercenaires ou locaux. Parmi eux, Alario, le jeune apprenti alchimiste se démarque par son enthousiasme et son envie d’apprendre ; et touche d’autant plus. Tous ne sont pas développés de la même manière, et j’aurais parfois aimé que certains soient plus exposés.

C’est dans leurs pas que nous apprenons à connaitre la Lune d’Or, son peuple, sa culture et sa magie. Partez pour l’aventure… et soyez prêts à basculer dans l’horreur !

Reviens-moi, dans la nuit et le sang.

Roman publié aux éditions Critic

Lire aussi l’avis de Blackwolf, Celindanae, Apophis
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