Les Abîmes d’Autremer, intégrale / Danielle Martinigol

Les Abîmes d’Autremer, intégrale / Danielle Martinigol

couverture de l'intégrale des abîmes d'Autremer de Danielle MartinigolRésumé : Dans la Confédération des Cent Mondes, Sandiane Ravna, fille d’un grand reporter peu scrupuleux, marche sur les traces de son père à la recherche du scoop à tout prix. Quand elle doit la vie sauve à un Abîme d’Autremer, l’un des mystérieux vaisseaux spatiaux de la planète-océan, elle se met au défi de filmer en action un perl, un pilote d’Abîme. Mais elle se heurte à Mél Maguelonne, futur pilote lui-même et farouche adversaire des médias comme tous les Autremeriens.
Le début d’une folle aventure qui va bouleverser sa vie, comme celle des milliards d’habitants de la Confédération.

Avis : Les Abîmes d’Autremer est un space opera qui se divise en 3 parties et se déroule sur 25 ans. Entre L’Élue, L’Envol et L’Appel, la famille Maguelonne et le joyau de la planète-océan, les Abîmes, des vaisseaux animaux capables de parcourir aussi bien les mers que l’espace.

Dans L’Élue, alors qu’elle doit la vie au sauvetage providentiel d’une Abîme d’Autremer, Sandiane Ravna, journaliste en herbe, est bien décidée à découvrir le secret des Autremeriens. Car son flair de journaliste le lui hurle, des gens aussi réservés, aussi jaloux de leur vie privée, cachent forcément quelque chose. Armée de sa caméra volante Seeone, elle investit leur monde.
Sandiane est au départ assez antipathique : imbue d’elle-même, sans aucune notion de la vie privée, fouineuse, impolie… sous prétexte d’ « informer ». Et puis on comprend qu’au fond ce n’est qu’une gamine perdue, solitaire. Confrontée à l’impossible, guidée par Mel Maguelonne, elle va apprendre à élargir ses horizons, à penser par elle-même… et transformer ainsi l’univers des Cent Mondes à jamais.

La 2e partie, L’envol, se passe une quinzaine d’années plus tard. Suite à la révélation de ce que sont réellement les Abîmes, des recrutements sont régulièrement fait afin de donner à d’autres que les Autremeriens la chance de devenir pilote. Et cette session, la Chambre des Cent Mondes de l’Essaim a autorisé une chaîne de cosmovision à parrainer 50 candidats : les Vainqueurs de l’Impossible.
Corian est l’un de ses candidats. Aspirant depuis toujours à devenir « Perl », cette émission est pour lui une chance inespérée de pouvoir réaliser son rêve. Mais il n’approuve pas les méthodes tapageuses de la chaîne qui n’a, de toute évidence, rien compris à la grandeur des Abîmes, et ne pense qu’en terme d’audimat.

Enfin, L’Appel nous propulse 10 ans plus tard. Aëla Maguelonne, la petite fée des Abîmes défie la CCME de ses frasques tandis que Chaddy Meretta est bien décidée à ne rien rater de ses exploits grâce à sa biocam Bicki. Une façon de boucler la boucle avec ce personnage qui n’est pas sans rappeler celui de Sandiane, de par son obsession du scoop. Mais une découverte inattendue va rapprocher les jeunes filles et elles vont devoir s’allier si elles veulent tenter de sauver les Abîmes.

Les Abîmes d’Autremer est une fable humaniste, ode à la liberté et à l’amour. Mais c’est aussi le prétexte à une réflexion sur le pouvoir médiatique et ses dérives. Chaque épisode en aborde un aspect particulier : l’éthique journalistique, le pouvoir de l’image, la téléréalité, la désinformation et le journalisme d’investigation. Des aspects qui trouvent un fort écho dans notre société d’aujourd’hui.

Danielle Martinigol n’en n’oublie pas pour autant l’angle aventure et exploration spatiale de son roman. Elle nous entraîne de découvertes en découvertes, de mondes étranges en êtres merveilleux. À elle seule, la planète océan Autremer vaut le détour. Les descriptions qui nous en sont faites sont fantastiques et donnent juste envie d’y aller.

Et si on sent à quelques traits le positionnement jeunesse, Les Abîmes d’Autremer est une trilogie qui saura néanmoins emporter même les adultes. On regrettera surtout la brièveté des épisodes (150 pages environ chacun) tant il y avait matière à développements. Et malgré quelques ressorts prévisibles, le récit est efficace et se lit même « tout seul ».

A la fin, la nouvelle L’enfant et l’Abîme raconte la première osmose

Roman publié aux éditions Les Indés de l’Imaginaire (Naos)

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11 comments

  • Oh je ne savais pas que ça allait être réédité ! Pour ma part j’ai lu les trois tomes chez les éditions Mango, c’est un coup de cœur ! Surtout le tome 1 et 2, je ne m’en lassais pas ado 🙂

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  • Je crois me rappeler que c’était une de mes lectures de 6ème, le premier tome devait être sur la liste d’un prix de mémoire. Par contre, c’est drôle car je ne me rappelle de rien. Je pense qu’il faudrait que j’y plonge rien que pour les réflexions que tu mets en évidence. J’appréhende juste ce côté « jeunesse » de l’intrigue et de certaines idées.

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    • Zina

      Le côté « jeunesse » est vraiment léger, il se ressent plus dans le positionnement, mais l’intrigue est travaillée. Franchement si c’est la seule chose qui t’arrête, tu peux y aller les yeux fermés et c’est dit par quelqu’un qui est assez intransigeante à ce sujet habituellement ^^

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  • C’est un bon Space Opera jeunesse (c’est vraiment une super trilogie pour les initier à ce genre qui est d’habitude très complexe) Mais du coup, moi, en tant qu’adulte, j’ai été un peu déçue 😉

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    • Zina

      Ah c’est marrant parce que je suis un peu relou de ce côté-là en général. J’ai senti les facilités dues au placement jeunesse, mais j’ai trouvé qu’il y avait suffisamment d’éléments qui permettaient de ne pas s’appesantir dessus. Et puis Autremer m’a enchanté, peut-être l’auteure a-t-elle su me faire retrouver mon âme d’enfant ? 😉

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