Couverture d'Argent facile de Donald E. WestlakeQue faire quand on découvre que, depuis des années, on est une taupe à son insu ? Une taupe dormante, bien entendu, mais qu’il s’agit justement de réveiller. Intérimaire désargenté dans sa jeunesse, Josh avait un beau jour reçu un chèque dont il n’avait pu retrouver l’origine. Après quelques hésitations, il l’avait encaissé. C’était un gros chèque. Mois après mois, d’autres s’étaient succédé, sans la moindre explication. Devenu père de famille prospère, Josh a fini par oublier que de l’argent qui tombe du ciel, ça n’existe pas.
Mais un 15 juillet, par un après-midi chaud et ensoleillé, un homme l’aborde sur le ferry de Fire Island et lui dit : « Vous êtes à présent en service actif. » Horrifié, Josh comprend qu’il a accepté l’argent d’une mystérieuse organisation qui a maintenant besoin de lui et s’est arrangée pour le piéger. Vite dépassé par les événements, il se trouve confronté à une terrible alternative : vaut-il mieux devenir un traître ou un criminel ? Et probablement finir assassiné dans les deux cas.

Avis : Josh, un New Yorkais d’une trentaine d’années est pris dans une spirale d’espionnage potentiellement violente car cela fait 7 ans qu’il accepte 1000 dollars par mois de l’ « Agent Américain » sans savoir qui est derrière ce don. Il a, en fait, été recruté comme espion dormant quand il était jeune mais sans le savoir. Si si. Il est maintenant marié, à Eve et père de famille, d’un petit Jeremy. Et ça ne l’arrange pas tellement d’être mis en service actif pour le compte d’un état ennemi aux États-Unis. Même si ce n’est que pour prêter son appartement quand il n’y est pas. Si si que ça… Au début ! Comment va-t-il s’en tirer ? Sans se faire tirer dessus ? En passant à l’ennemi ? En laissant faire ?

C’est la promesse de cet Argent facile. Un umbroglio intelligemment mené avec des personnages pourtant hautement improbables et un scénario qui laisse pantois de débilité… oups ! heu on va dire plutôt simplicité, et il faut bien le souligner de l’humour de situation. Depuis les QDP 24 et avec les incontournables de François Guérif des éditions rivages noir, je découvre des anciens noms du polar. Ici, Westlake que beaucoup d’auteurs des QDP ont cité. Et je ne suis pas déçue.

Argent facile est du genre loufoque mais intelligent dans le propos. Il ne faut pas se laisser berner par la débilité de certains échanges. L’espionnage en carton-pâte et Josh, foutrement commun en anti-héros en font presque un vaudeville mais très vite, le lecteur est confondu dans le jeu d’échec ou de billard à 8 bandes que doit mener Josh… et les autres protagonistes. Car dès que l’un bouge ses pions ou change son intervention, toutes les cartes sont rebattues et chacun doit revoir son jeu. En fond, il y a une critique de la société qui ne veut pas voir les problèmes à l’international. On peut également noter une critique des soviétiques et de tout régime fasciste. Et même un peu de la religion. Et la fin est un petit clin d’œil féministe, si si même à cette époque. Car qui sort de cette histoire à dormir debout avec le plus de grandeur: la femme espionne fatale et Eve bien sûr !

C’est donc un petit régal de n’importe quoi mais qui tient bon et qui emporte tout sur son passage.. si on rentre bien dedans !

Roman publié aux éditions Rivages noir – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Mathilde Martin et Natalie Beunat. 

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