Derrière la haine / Barbara Abel

Derrière la haine / Barbara Abel

Présentation éditeur : D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain ; de
l’autre, il y a Laetitia et David. Deux couples voisins et amis, ayant
chacun un enfant du même âge. Deux couples fusionnels et solidaires qui
vivent côté à côte dans une harmonie parfaite. Jusqu’au jour du drame.
Un tragique accident fait voler en éclats leur entente idyllique, et la
cloison qui sépare leurs maisons tout comme la haie qui sépare leurs
jardins ne seront pas de trop pour les protéger les uns des autres.
Désormais, les seuls convives invités à la table des anciens amis
s’appellent Culpabilité, Suspicion, Paranoïa et Haine… 
Merci beaucoup à Barbara Abel de m’avoir fait découvrir son roman, un livre poignant.

Avis : Ce roman raconte, dans un style fluide, une histoire de voisinage, qui est, dès le début, très prenante. J’ai trouvé le récit tellement palpitant que je l’ai presque lu d’une traite. Pour intriguer le lecteur, l’auteur commence par une prolepse, qui nous dévoile pendant quelques instants l’avenir de deux couples de voisins. A la fin de ce premier chapitre, nous avons très envie de connaître quels événements les ont amenés à de telles relations. Nous sommes intrigués et nous nous questionnons : que s’est-il passé pour qu’ils en arrivent à une telle situation et à de tels comportements ? 
Lorsqu’au chapitre suivant, nous retournons sept ans en arrière, nous retrouvons deux couples liés par une franche amitié. Ce lien se renforcera au quotidien, par leur proximité – ils habitent des maisons mitoyennes – et par la naissance, à quelques mois d’intervalle, de leurs enfants : Maxime et Milo. Ces derniers vont grandir ensemble et tout partager comme deux frères. Ces deux petits bouts vont renforcer les rapports tissés entre leurs parents. Ils vont former ainsi une grande et belle famille, heureuse de vivre ensemble. Mais malheureusement, un accident dramatique va tout faire basculer. L’amitié deviendra de la haine, de la suspicion et de la rancœur. Petit à petit, les relations entre ces quatre amis vont se désagréger. Tout devient sujet à entretenir la tension entre eux. Car rien de tel que d’accuser l’autre pour ne pas endosser toute la responsabilité de ses actes. 
L’auteur retrace parfaitement les émotions, la montée de paranoïa, d’hystérie et de folie des personnages. C’est la descente aux enfers pour ces quatre amis. Rien ne sera plus pareil, même s’ils essaient d’agir comme si aucun drame n’avait eu lieu. Mais, si survivre et essayer de retrouver sa vie d’avant, était aux dépens de l’autre ? Agiriez-vous aussi ainsi pour faire taire cette souffrance, cette culpabilité et retrouver votre joie de vivre ? 
Les relations de mauvais voisinage – des voisins trop bruyants par exemple – sont un sujet que tout un chacun connaît, pour le vivre ou l’avoir vécu soi-même ou parce qu’un ami, un parent le subit. Mais ici, le différent de ces deux couples va les conduire à l’extrême. Cette œuvre commence tout en douceur, et petit à petit Barbara Abel fait monter la pression, par la violence des réactions, et des agissements des personnages. La fin est bouleversante et assez inattendue. L’auteur réussit parfaitement son coup. Rien ne laisser présager ce dénouement et en plus, l’auteur n’y est pas « allé de main morte ». Elle montre que l’amertume et la colère nous amène à faire des choses irréparables, impardonnables pour notre propre bien être, pour récupérer ce paisible bonheur d’antan. 
Vous l’avez compris, le dénouement de ce récit est frustrant et laissera de nombreux lecteurs interdits. Il m’a surpris et laissé sans voix. Et c’est pour cette raison que j’ai beaucoup aimé cette œuvre, mais également parce que l’histoire était prenante du début à la fin. Un roman où tout ne finit pas comme dans Candide de Voltaire : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des modes ». A moins que ??

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